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Des niveaux condensés ferruginisés (hard ground) dans les grès Maastrichtien du Cap Rouge (Sénégal, 2008). © BRGM - Jack Roger

International : "Des problématiques liées aux changements globaux"

07.02.2013
Interview de Philippe Gombert, directeur commercial et de la coopération internationale. Le BRGM exporte ses compétences sur les risques, l’eau, les ressources minérales et énergétiques.

Portrait de Philippe GombertDepuis quand le BRGM intervient-il à l’international ?

Depuis la création de l’établissement, il y a plus de cinquante ans. En parallèle de l’inventaire minier de la France, nos géologues ont commencé d’intervenir en Afrique, dans le cadre de missions de prospection minière.

Au cours des années 2000, dans un contexte de forte demande en ressources minérales, 90% de notre activité internationale se concentrait encore en Afrique, avec la réalisation de cartes géologiques, d’inventaires miniers, de systèmes d’information, et l’appui aux autorités régionales afin de les doter des outils réglementaires et techniques leur permettant de maîtriser leur secteur minier.

Aujourd’hui, les interventions du BRGM couvrent un champ plus large…

Le BRGM a fortement été impliqué au cours de la dernière décennie dans le programme européen EDF/SYSMIN de soutien aux infrastructures minières des pays Afrique-Caraïbes-Pacifique. L’arrêt de ce programme en 2009, conjugué à la crise internationale qui a conduit beaucoup de pays et d’investisseurs à stopper ou différer nombre de projets miniers, devait avoir un impact sur notre activité internationale.

Le BRGM avait anticipé cette échéance et l’évolution des besoins. Nous sommes ainsi montés en puissance sur des problématiques liées aux évolutions sociétales et aux changements globaux, domaines où nos compétences, adossées à notre recherche, étaient exportables.

L’eau a pris une importance notable…

L’accès à l’eau, qu’il s’agisse d’identifier les ressources, de les protéger ou de les gérer durablement, représente aujourd’hui 30% de notre activité internationale. Celle-ci s’appuie sur la connaissance que nous possédons de la géologie et de l’hydrogéologie de nombreux pays.

Nous intervenons au Moyen-Orient pour la recherche de nouveaux aquifères susceptibles de répondre à l’évolution de la demande et à l’épuisement des ressources fossiles, mais aussi dans la protection des ressources face à des pollutions naturelles ou anthropiques, ou pour définir des modes de gestion durable permettant de préserver les écosystèmes associés… Nous travaillons également sur la gestion d’eaux de procédés industriels, la recherche de ressources exploitables en eau minéralel’irrigationl’eau potable, en Inde ou en Afrique.

Les risques naturels sont un autre champ d’expertise…

La protection des populations face aux risques naturels est un gros enjeu. Dans le domaine sismique, nous sommes sollicités pour établir des analyses multirisques des sites touchés par des séismes ou exposés à ceux-ci, dans l’objectif de proposer des solutions de protection ou de remédiation, et de définir des programmes d’aménagement ou de reconstruction. C’est le cas à Haïti et en République dominicaine.

Notre expertise dans l’étude de sites aux fins d’aménagements se décline ailleurs pour l’implantation de centrales nucléaires ou de sites de stockages de déchets, en Europe notamment.

La prévention des risques naturels a pris une acuité particulière avec le changement climatique et ses conséquences. Nous avons récemment conduit une analyse multirisques de plusieurs métropoles côtières, Alger, Rabat, Alexandrie, Tunis… exposées à des phénomènes de submersion marine et de glissement de terrain. Pour ces études, qui mobilisent de nombreux métiers du BRGM en géologie, hydrogéologie, sismique, géophysique, géotechnique… nous accompagnons les pouvoirs publics dans leurs plans de prévention et de gestion.

Mais il y a d’autres domaines d’intervention du BRGM ?

Nos compétences en géothermie haute-énergie, acquises avec la centrale électrique de Bouillante en Guadeloupe, ont été sollicitées en Indonésie et à la Dominique.

Nous sommes présents en Chine à travers notre filiale CFG Services dans la mise en place de réseaux de chaleur, un secteur où l’enjeu est aussi climatique, la géothermie étant une alternative à l’usage du charbon, générateur de gaz à effet de serre.

Autre domaine émergent, le stockage géologique du CO2. Le BRGM en fut l’un des pionniers et exporte ses savoir-faire en matière d’évaluation des capacités de stockage et de leur sûreté en Arabie Saoudite et en Algérie.

En matière minière, notre activité s’est renforcée sur la problématique des terres rares, substances à fort enjeu parce que très utilisées dans les hautes technologies, et dont la production à 97% par la Chine pose un problème d’accès aux ressources. La création d’un laboratoire franco-kazakh sous l’impulsion du BRGM pour mener des projets de recherche sur les terres rares et métaux rares en est une parfaite illustration.

Soulignons, enfin, l’appui institutionnel apporté aux États candidats ou entrants de l’UE, pour leur permettre d’intégrer la législation européenne ; et bien sûr l’accompagnement des pouvoirs publics, notamment en Afrique, pour renforcer leurs capacités juridiques, techniques et administratives en matière environnementale ou de gestion des ressources.

Quels sont les commanditaires du BRGM ?

Nous sommes mandatés par de grands bailleurs de fonds internationaux tels la Banque mondiale, l’Union européenne, l’Agence française de développement… dans le cadre de programmes d’aide aux pays émergents. Nous répondons également à la demande directe des États confrontés à des problèmes environnementaux, de ressources ou de risques naturels.

Enfin, une large part de notre activité est contractuelle, avec des groupes industriels des secteurs pétroliers ou miniers, ou de grands opérateurs mondiaux dans le domaine de l’eau ou de l’environnement.

Et demain ?

Nous allons nous renforcer sur ces différents domaines, mais en nous diversifiant géographiquement afin de diffuser plus largement notre expertise scientifique. Nous souhaitons retravailler en Amérique du Sud, où le BRGM fut très présent sur le plan minier, en intervenant sur de nouvelles thématiques. Environnement et risques naturels au Pérou, en Bolivie, en Équateur, géologie et ressources minérales au Chili, où la demande est très forte. Mais aussi géothermie sur tout le continent.

COOPÉRATION INTERNATIONALE

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34