Séisme de Limagne de 1490 - Impact sur le bâti courant de la ville de Clermont‐Ferrand
Contexte de réalisation
Cette étude a été réalisée à la demande de la DREAL Auvergne dans le cadre de la déclinaison régionale du Plan Séisme 2005‐2010.
Objectifs
Il s’agissait de réaliser un premier microzonage sismique, dans la continuité du pré-diagnostic sismique pour la commune de Clermont-Ferrand, réalisé en 2009. De plus, la publication, en octobre 2010, de la nouvelle réglementation parasismique impose de nouvelles mesures de construction parasismique en Auvergne. C’est dans ce contexte, que la réalisation d’un scénario de dommages reproduisant le séisme historique majeur ayant touché la Région est apparu utile. Le but de cet exercice était principalement de sensibiliser et d’informer les élus, gestionnaires, constructeurs, particuliers, aux conséquences d’un événement sismique sur le territoire de la commune de Clermont-Ferrand.

Répartition des bâtiments de classe de vulnérabilité B par îlots IRIS.
Programme de travaux
Le séisme historique le plus important survenu en Auvergne est à ce jour celui du 1er mars 1490 (dit « séisme de Limagne ou de Riom »), d’intensité épicentrale évaluée à VIII (dégâts massifs) et ressenti à Clermont-Ferrand avec une intensité de VII-VIII MSK (dommages prononcés). Une estimation des dommages susceptibles d’être générés aujourd’hui par un événement identique sur la commune de Clermont-Ferrand a été réalisée par l’intermédiaire d’un scénario de dommages. Pour cela, les intensités estimées du séisme ont été représentées pour un sol raide (rocher). Les effets de site, en fonction de la lithologie ont ensuite été estimés.
L’analyse de la vulnérabilité des bâtiments a ensuite été évaluée en reprenant et complétant les éléments recensés en 2009. Cette vulnérabilité est représentée à l’échelle des îlots IRIS de l’INSEE. Les estimations de l’aléa régional et local d’une part, et la vulnérabilité des structures d’autre part, sont ensuite croisées en utilisant le logiciel ARMAGEDOM, développé par le BRGM. Les résultats sont présentés pour les différents îlots IRIS de la commune, puis sur une grille avec un pas de 500 mètres de côté. L’influence respective des effets de site d’une part, et de la vulnérabilité des structures d’autre part, est estimée.
Par ailleurs, à l’issue d’une étude basée sur les sources documentaires contemporaines du séisme de 1490, un recensement des dommages de l’époque a été entrepris. Un scénario a été mis en œuvre à partir des données d’urbanisation supposées de l’époque. L’étude de scénario avec le bâti de 1490 permet d’illustrer l’évolution urbaine et la vulnérabilité des constructions depuis le XVème siècle.

Pourcentages de bâtiments fortement endommagés ou détruits selon une grille de 500 mètres de côté.
Résultats obtenus
Ce travail a permis une évaluation globale des niveaux de dommages susceptibles d’être occasionnés sur le bâti actuel par un séisme semblable à celui de 1490 sur la ville de Clermont-Ferrand :
- la zone où les dommages seraient les plus importants est le centre-ville historique de Clermont ; des dommages moyens à forts sont par ailleurs attendus pour toute la zone urbanisée située entre les centres historiques de Clermont et de Montferrand.
- les dommages simulés sont beaucoup moins prononcés sur le bâti actuel que sur le bâti de 1490, du fait d’une moins grande vulnérabilité des constructions.
- les zones, où l’influence des effets de site et de la vulnérabilité des structures était prépondérante, ont été identifiées. La zone du centre-ville historique est ainsi parmi les plus vulnérables de la ville, bien que située sur une zone à effets de site lithologiques modérés. D’autres zones sont identifiées comme étant relativement vulnérables (centre-ville de Montferrand, cité Michelin par exemple).
- cette tentative de discrimination de l’influence respective des effets de site et de la vulnérabilité permet ainsi d’identifier clairement les zones où il serait nécessaire de réaliser un microzonage sismique pour caractériser précisément les amplifications du mouvement sismique, et cartographier les zones les plus vulnérables de la commune.
Enfin, une restitution de ces résultats a été réalisée auprès des services techniques de la ville début 2011.
Partenaire
DREAL Auvergne





