Résidus médicamenteux et perturbateurs endocriniens dans les eaux souterraines
Contexte de réalisation
Des analyses réalisées ces dernières années, en Allemagne ou en France, ont mis en évidence la présence de résidus médicamenteux dans les eaux souterraines. Il a été montré que l’occurrence des médicaments trouvés dans les eaux souterraines est principalement due à l’impact direct ou indirect des eaux usées. Les molécules ingérées par l’homme ou par le bétail dans les élevages se retrouvent dans les eaux usées, puis dans les eaux de surface et enfin dans les eaux souterraines qui sont en lien avec celles-ci.
Face à l’évidence de la présence et la persistance de résidus de médicaments dans les milieux aquatiques et les préoccupations concernant l’exposition aux substances chimiques actives, sur le système hormonal dits «perturbateurs endocriniens», dans l’environnement, un projet pilote à l’échelle d’un territoire urbain été initié par la Communauté Urbaine de Strasbourg (CUS).
Cette étude est complémentaire à celle menée par la Région Alsace sur les substances médicamenteuses dans le cadre de l’inventaire régional 2009/2010. Elle est par ailleurs réalisée dans le cadre de l’Observatoire de la nappe phréatique (ONAP).
Exemple d’appareil de mesure (source : M. Brach, S. Guignat (BRGM) – campagne juillet 2010
Objectifs
Cette étude avait pour objectif d’établir un premier bilan et dresser une cartographie de la présence et de la répartition des substances médicamenteuses, d’hormones humaines et de quelques micropolluants aux effets perturbateurs endocriniens dans les eaux souterraines au droit de la CUS.
Programme des travaux
Les médicaments les plus prescrits en France sont des analgésiques à base de paracétamol et des anti-inflammatoires. Viennent ensuite les psychotropes (antidépresseurs et anxiolytiques), les bétabloquants (rythme cardiaque), et les hypolipidémiants (réduction des lipides sanguins).
Le choix des points de prélèvement a porté sur un rejet de station d’épuration (STEP) et un réseau piézométrique composé de 12 ouvrages, répartis uniformément sur la CUS et ciblés en aval de zones jugées à priori à risques :
- en aval de la station d’épuration de la CUS ;
- en aval des anciennes STEP de Geispolsheim et Plobsheim ;
- en aval du rejet des eaux pluviales du Parc d’Innovation d’Illkirch ;
- en aval des déversoirs d’orage ;
- en aval d’hôpitaux.
Ces zones ont été définies à risques au regard du contexte hydraulique du secteur d’étude exposant une relation forte entre le régime des eaux de surface et de l’aquifère.
Résultats obtenus
Sur les 32 molécules analysées, 20 ont été quantifiées : 19 résidus médicamenteux et 1 perturbateur endocrinien. En revanche, aucun stéroïdien n’a été détecté tant dans les eaux souterraines que dans le rejet STEP ; les conditions analytiques ne permettant pas de quantifier finement ces substances.
Le rejet de STEP de la CUS est l’échantillon qui représente la plus grande diversité de molécules de substances médicamenteuses et les concentrations les plus élevées. Au droit des points d’accès aux eaux souterraines, entre 1 et 4 substances ont été quantifiées. Les concentrations mesurées sont globalement faibles. Les trois substances les plus détectées par nombre d’occurrences et concentration sont : l’acide salicylique, la carbamazépine et le bisphénol A. Parmi ces dernières, 2 substances dépassent une concentration de 100ng/l pour trois échantillons : l’acide salicylique et le bisphénol A.
Ces résultats sont issus d’une seule campagne de mesure. Or, par expérience, les résultats peuvent considérablement varier d’une campagne à une autre, tant pour la liste des substances quantifiées que pour les concentrations mesurées. Les résultats de cette étude doivent donc être pris avec précaution. Néanmoins, ils sont en cohérence avec les études antérieures menées sur le plan national.
Partenaires
Observatoire de la nappe d’Alsace (ONAP)
CUS
Agence de l’Eau Rhin-Meuse et la Région Alsace.
RAPPORTS PUBLICS
- BRGM-RP-60553-FR - "Etude pilote sur les résidus médicamenteux et perturbateurs endocriniens dans les eaux souterraines sur le territoire de la CUS. Rapport final" - Télécharger le rapport public
