Optique CO2 : Capteurs infrarouges à fibres optiques pour le monitoring du stockage géologique du CO2

La séquestration géologique de CO2 est un recours indispensable, en complément d’autres moyens, pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 d’ici 2050 et éviter un bouleversement climatique majeur. Afin qu’elle contribue efficacement à la réduction des gaz à effet de serre, il est nécessaire de démontrer que les taux globaux de fuites des zones de stockage restent dans les limites déterminées. Une mesure précise avec un niveau de confiance acceptable est indispensable, tant pour quantifier le CO2 injecté que pour détecter de façon précoce une fuite potentiellement dangereuse et mesurer les flux de CO2 provenant du site de stockage et atteignant la surface.

Mesure précise du CO2 par l’infrarouge

La principale difficulté pour obtenir une mesure précise du CO2 injecté et des fuites éventuelles par les forages et/ou les drains naturels, est de détecter un signal faible profond et donc d’évaluer la limite de détection par rapport au bruit de fond géochimique, d’où la nécessité d’avoir des appareils présentant le meilleur rapport signal/bruit possible.

 

Ces mesures sont le plus souvent réalisées par infrarouge. Le CO2 a en effet la caractéristique particulière de présenter des bandes d’absorption dans l’infrarouge en dessous de 5 µm, ce qui explique que la plupart des systèmes utilisés pour sa détection dans l’air ambiant soient fondés sur l’analyse infrarouge. Le choix des bandes d’absorption est établi en fonction du degré de concentration attendu : des bandes d’absorption élevées vers 4 µm, par exemple, permettent de détecter de très faibles concentrations de CO2.

 

La limite des instruments de mesures actuellement utilisés est qu’ils requièrent une phase préalable de pompage vers la surface, susceptible d’entraîner une modification du milieu.

 

Test de conditions limites d’usage d’un capteur optique infrarouge innovant (projet ANR Optique CO2). Application à la mesure de la concentration en CO2 à une centaine de mètres de profondeur dans un sondage.

Différentes voies de détection expérimentées dans le cadre du projet ANR Optique

Pour envisager un transfert de technologie vers les sites de stockage de CO2, il importe donc de répondre à cette problématique. C’est ce à quoi s’est attaché le consortium du projet ANR Optique CO2 coordonné par l’équipe Verres et Céramiques de l’Université Rennes 1, avec la mise au point d’un type de capteur spécifique implanté directement dans le milieu surveillé afin de détecter et de quantifier en continu les fuites de CO2.

 

Différentes voies de détection ont été expérimentées avant la réalisation du prototype : détection par transmission, par ondes évanescentes ou par source fluorescente. Puis les performances en tant que capteur à CO2 gazeux de nouveaux matériaux et de nouvelles fibres optiques afin d’améliorer le rapport signal/ bruit et d’élargir la fenêtre optique vers le moyen infrarouge ont été explorées.

Innovation et développement de fibres optiques infrarouges comme système de mesure du CO2

Le développement de fibres optiques infrarouges innovantes appliquées au monitoring du stockage géologique du CO2 a ainsi permis la réalisation d’un capteur opto-électronique testé, étalonné et calibré au laboratoire, ouvrant la voie à un transfert de technologie vers les sites de stockage de CO2. Le capteur mis au point est un système réversible de mesure du CO2 de 500 ppm à 100 % qui permet une analyse in situ, en temps réel et de façon continue. Ne requérant ni pompage, ni prélèvements gazeux, il ne provoque aucune modification du milieu.

 

La méthode a été testée avec succès au cours de trois campagnes d’essais sur des sites naturels à Sainte- Marguerite (Drôme), Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin) et Merlebach (Moselle).

 

La valorisation de ce projet s’est traduite par de nombreuses publications et deux brevets.

Dernière mise à jour le 22.04.2013