Opération "Un géologue sur le Tour de France"
Chaque jour, France Télévisions diffusera, peu après la prise d'antenne en direct de l'épreuve, une courte séquence relative à un point particulier de la géologie du parcours.
Cette opération s'inscrit dans le cadre de la mission du BRGM relative à la diffusion des connaissances dans le domaine des sciences de la Terre.
Géologie du Tour de France 2011
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1ère étape : Passage du Gois - Mont des Alouettes. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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2ème étape : Les Essarts - Les Essarts. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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3ème étape : Olonne-sur-Mer - Redon. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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4ème étape : Lorient - Mûr-de-Bretagne. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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5ème étape : Carhaix - Cap Fréhel. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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6ème étape : Dinan - Lisieux. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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7ème étape : Le Mans - Châteauroux. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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8ème étape : Aigurande - Super-Besse Sancy. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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9ème étape : Issoire - Saint-Flour. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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10ème étape : Aurillac - Carmaux. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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11ème étape : Blaye-les-Mines - Lavaur. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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12ème étape : Cugnaux - Luz-Ardiden. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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13ème étape : Pau - Lourdes. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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14ème étape : Saint-Gaudens - Plateau de Beille. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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15ème étape : Limoux - Montpellier. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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16ème étape : Saint-Paul-Trois-Châteaux - Gap. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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17ème étape : Gap - Pinerolo (Italie). En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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18ème étape : Pinerolo - Galibier Serre-Chevalier. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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19ème étape : Modane - L'Alpe d'Huez. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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20ème étape : Grenoble - Grenoble (contre-la-montre individuel). En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
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21ème étape : Créteil - Paris Champs-Elysées. En 2011, le BRGM s'associe à la retransmission des étapes du Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM
Découvrir les commentaires géologiques des différentes étapes du Tour de France 2011
- 2 juillet - 1ère étape Passage du Gois > Mont des Alouettes
- 3 juillet - 2ème étape Les Essarts > Les Essarts
- 4 juillet : 3ème étape Olonne-sur-Mer > Redon
- 5 juillet - 4ème étape Lorient > Mûr-de-Bretagne
- 6 juillet - 5ème étape Carhaix > Cap Fréhel
- 7 juillet - 6ème étape Dinan > Lisieux
- 8 juillet - 7ème étape Le Mans > Châteauroux
- 9 juillet - 8ème étape Aigurande > Super-Besse Sancy
- 10 juillet - 9ème étape Issoire > Saint-Flour, 208 km
- 12 juillet - 10ème étape Aurillac > Carmaux
- 13 juillet - 11ème étape Blaye-les-Mines > Lavaur
- 14 juillet - 12ème étape Cugnaux > Luz-Ardiden
- 15 juillet - 13ème étape Pau > Lourdes
- 16 juillet - 14ème étape Saint-Gaudens > Plateau de Beille
- 17 juillet - 15ème étape Limoux > Montpellier
- 19 juillet - 16ème étape Saint-Paul-Trois-Châteaux > Gap
- 20 juillet - 17ème étape Gap > Pinerolo (Italie)
- 21 juillet - 18ème étape Pinerolo > Galibier Serre-Chevalier
- 22 juillet - 19ème étape Modane > L'Alpe d'Huez
- 23 juillet - 20ème étape Grenoble > Grenoble (contre-la-montre individuel)
- 24 juillet - 21ème étape Créteil > Paris Champs-Elysées
2 juillet - 1ère étape Passage du Gois > Mont des Alouettes
Quand la mer monte
La première étape du Tour 2011 emmène les coureurs sur la bordure sud du Massif armoricain.
Avant d’y parvenir, le peloton doit franchir le passage du Gois, cette bande de terre émergée uniquement à marée basse, et qui relie Noirmoutier au continent.
Il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a 18 000 ans, la mer se trouvait à près de 80 kilomètres à l’ouest de la côte actuelle. Il régnait alors un climat glaciaire sur l’Europe et de vastes calottes de glace recouvraient le nord du continent. Des mammouths parcouraient la région, comme en témoignent les peintures retrouvées dans la grotte de Lascaux, en Dordogne, qui datent de cette époque. La formation de ces calottes de glace avait entrainé une baisse du niveau des mers de 120 mètres. On pouvait aller à Londres à pied !
Depuis, le climat s’est réchauffé, fort heureusement pour les coureurs. La glace a fondu, la mer a repris sa place et isole Noirmoutier tous les jours à marée haute.
3 juillet - 2ème étape Les Essarts > Les Essarts
Les éclogites des Essarts
Le contre-la-montre par équipe recoupe une mince bande verte de la carte géologique signalant la présence de roches exceptionnelles. Le circuit tracé autour des Essarts, sans grand relief sur ses 23 kilomètres de long, promène en effet les coureurs sur l’un des plus grands gisements d’éclogites au monde.
Une roche magnifique et spectaculaire, composée de gros grenats rouges enchâssés dans un fond minéral vert du plus bel effet. Elle est exploitée à une quarantaine de kilomètres au nord, à Saint Philbert de Bouaine, dans la carrière de la Gerbaudière.
Mais les éclogites racontent surtout une histoire très ancienne : elles se sont formées il y a 440 millions d’années, à 50 kilomètres de profondeur, avant que les forces tectoniques ne les ramènent près de la surface. Juste sous les roues des coureurs.
4 juillet : 3ème étape Olonne-sur-Mer > Redon
"Sillon de Bretagne" : la cicatrice
Le Tour traverse aujourd’hui le « Sillon de Bretagne », une immense faille qui va d’Angoulême à la pointe du Raz.
C’est à Pontchâteau, à 35 kilomètres de l’arrivée, que les coureurs vont franchir cette limite et changer de "continent" géologique. Il y a 400 millions d’années, le micro-continent Armorica, auquel appartient notre Bretagne actuelle, se situe quelque part dans l’hémisphère sud. Il est séparé du Gondwana, énorme masse qui regroupe l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Antarctique, l’Inde, l’Australie et l’Arabie, par un océan central.
Peu à peu, entraîné par les forces telluriques, le Gondwana remonte vers le nord, poussant le fond de l’océan central sous l’Armorica, jusqu’à le faire complètement disparaître, avant de percuter la future Bretagne il y a 370 millions d’années.
Cicatrice de cette ancienne collision, le "Sillon de Bretagne" se marque aujourd’hui dans le paysage par un léger escarpement, moins de 100 mètres de différence de niveau.
Une simple bosse que les coureurs vont avaler à Pontchâteau, sans même se rendre compte qu’ils entrent de plain-pied dans le domaine d’Armorica.
5 juillet - 4ème étape Lorient > Mûr-de-Bretagne
Les kaolins de Ploëmeur
Jusqu’à Mûr de Bretagne, les roues des coureurs vont s’user sur les vieilles roches du Massif armoricain. En commençant par les granites de Lorient, ville départ de l’étape. Des granites qui datent de 300 millions d’années et dont une partie, située à la sortie sud de la ville, n’a pas résistée au temps qui passe.
Sous l’effet de lents processus géologiques, une partie du massif s’est décomposée, se transformant en kaolin, une argile blanche, tendre et précieuse. Le gisement de Ploemeur, qui jouxte Lorient, est l’un des plus importants d’Europe et produit chaque année 100 000 tonnes de minerai.
Exploité depuis 1904, le kaolin de Ploëmeur, baptisé l’or blanc breton, est réputé pour sa grande pureté et utilisé pour la fabrication de porcelaine, qui lui doit sa transparence, mais aussi pour les céramiques de haute qualité, la papeterie et bien d’autres applications.
6 juillet - 5ème étape Carhaix > Cap Fréhel
Les ardoises de Carhaix
Après 60 kilomètres de course dans cette cinquième étape, le peloton va traverser Guigamp. Il sera alors à quelques kilomètres des plus vieilles roches connues en France, situées en baie de Lannion et datées de plus de 2 milliards d’années.
Sous les roues des coureurs se cachent d’autres trésors du sous-sol breton. Comme à Carhaix, ville départ de l’étape, qui connut son heure de gloire pour la qualité inégalable de ses ardoises.
Les schistes noir bleutés de Carhaix se sont formés il y a 300 millions d’années. L’exploitation, ouverte depuis le dix-neuvième siècle, était la plus importante manufacture d'ardoises de Bretagne. Réputées pour leur grande qualité les ardoises de Carhaix couvrent les toits du Parlement de Bretagne, de la cathédrale du Mans mais aussi de plusieurs monuments parisiens : Palais de Chaillot, château de Vincennes, chapelle de Saint-Louis des Invalides. De cette industrie florissante ne subsiste plus aujourd’hui qu’une entreprise artisanale, produisant cette belle ardoise aux reflets bleus incomparables.
Les coureurs achèvent la traversée du Trégor sur les falaises grandioses sculptées dans les grès rouges du Cap Fréhel, vieux de 480 millions d’années.
7 juillet - 6ème étape Dinan > Lisieux
Mont Saint Michel
Le peloton quitte le vieux socle armoricain pour arriver sur la bordure du Bassin parisien.
De Dinan à Falaise, les coureurs roulent sur les reliques de la plus vieille chaîne de montagne de France, sortie de terre il y a 600 millions d’années. Heureusement pour eux, l’érosion est passée par là et a raboté des sommets qui flirtaient avec les 5000 mètres d’altitude. La haute montagne en Bretagne !
Ils vont surtout croiser, après 50 kilomètres de course, la silhouette familière du Mont Saint Michel, partie émergée d’un petit massif de granite clair pointant au milieu de la baie.
Ce granite est venu des profondeurs, il y a 525 millions d’années, à la faveur de mouvements telluriques. Lors de son ascension, cette énorme poche de magma épais et visqueux a traversé les couches géologiques. Mais il n’a jamais atteint la surface, s’arrêtant en chemin. C’est ce que les géologues appellent une « intrusion ». Seul, le lent travail de l’érosion, qui a décapé les terrains au-dessus, nous permet d’accéder aujourd’hui à ce massif.
8 juillet - 7ème étape Le Mans > Châteauroux
La Craie
La septième étape emmène les coureurs sur les roches sédimentaires du Bassin parisien.
Pour le peloton, pas de grosses difficultés en vue, la région traversée est sans grand relief, en raison de son histoire géologique. Car ici, c’était la mer, et on y croise rarement des montagnes…
Il y a 100 millions d’années, une mer chaude et peu profonde recouvrait tout le centre et le nord du pays et s’étendait jusqu’en Angleterre.
Les paysages devaient ressembler à ce que l’on trouve aujourd’hui du côté des Bahamas.
Des algues microscopiques se développent dans ces eaux bleues. A leur mort, leurs squelettes calcaire, appelés coccolithes, tombent sur le fond et s’accumulent, pendant des millions d’années formant une couche de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur d’une roche blanche et friable : la craie.
9 juillet - 8ème étape Aigurande > Super-Besse Sancy
Eaux chaudes
Les coureurs abordent aujourd’hui le Massif central et ses roches anciennes. Le peloton retrouve les vieux granites qu’il a laissés dans le Massif armoricain, avec des reliefs adoucis par des millions d’années d’érosion, avant de partir, en toute fin d’étape, à l’assaut des pentes du Mont Dore et du Sancy, deux des principaux volcans de la région. De cette activité volcanique, qui a débuté il y a 8 millions d’années environ, il reste d’abondantes roches volcaniques et des sources minérales chaudes, abondantes dans la région, et que le peloton va croiser dans la ville thermale du Mont-Dore, à 34 kilomètres de l’arrivée, témoignage d’une activité encore brûlante dans le sous-sol.
Cette chaleur du sous-sol est d’ailleurs exploitée en Guadeloupe, à Bouillante, au pied du volcan de la Soufrière, pour produire de l’électricité propre, grâce à deux unités de 5 et 11mégawatts permettant de couvrir 10% des besoins de l’île.
Mais pour le peloton, pas question de goûter aux joies des sources chaudes avant la rude ascension du Sancy, où est jugée l’arrivée.
10 juillet - 9ème étape Issoire > Saint-Flour, 208 km
Le plus grand volcan d’Europe
Etape volcanique pour cette neuvième journée de course, puisque les coureurs vont trouver sur leur route le plus grand volcan d’Europe, le Cantal, d’une superficie de près de 2500 km2 km².
Sorti de terre il y a 13 millions d’années, ses éruptions ont construit un énorme massif de plus de 3000 m d’altitude dont la partie sommitale s’est effondrée lors d’un gigantesque glissement de terrain. Ce cataclysme et l’érosion ont raboté le massif qui culmine désormais à 1855 mètres au Plomb du Cantal.
Eteint depuis 2 millions d’années, le volcan a ensuite été entaillé par de profondes vallées, creusées par les glaciers qui recouvraient le Massif central à l’époque des mammouths, il y a 1 million d’années. Les mammouths ont disparu, fort heureusement pour les coureurs. Pas les pentes du volcan, couvertes en partie de dépôts glaciaires, qui constituent les principales difficultés de cette étape.
12 juillet - 10ème étape Aurillac > Carmaux
Au charbon
L’étape serpente de part et d’autre du Sillon Houiller, une faille majeure, qui comme son nom l’indique est jalonnée de bassins houillers. Car les coureurs vont au charbon : ils passent à proximité d’anciens gisements de houille, dont le plus célèbre est celui de Decazeville, exploité à ciel ouvert jusqu’en 2001. Un charbon qui nous vient de très loin. Il y a 300 millions d’années environ, les failles provoquent l’effondrement de la zone. De vastes lagunes s’installent dans cette profonde dépression, dominée par des sommets de 7000 mètres d’altitude. Si ses sommets sont enneigés, à ses pieds se développe une végétation luxuriante.
Car à l’époque, ce morceau de continent se trouve au niveau de l’équateur. Des fougères de 30 mètres de haut croisent, meurent et s’effondrent dans les lacs, avant d’être recouvertes par des sables, argiles et graviers provenant de l’érosion des sommets, sur plus de 1000 mètres d’épaisseur parfois. C’est là, au sein de cette matrice profonde, que la matière végétale va se transformer en veine de charbon. On retrouve d’ailleurs de nombreux fossiles de végétaux dans les veines de charbon.
Carmaux, ville d’arrivée de cette étape, fut une grande ville minière. L’occasion de rappeler que quelques anciens champions cyclistes, comme Jean Stablinski, champion du monde en 1962, commencèrent leur carrière comme mineur de fond.
13 juillet - 11ème étape Blaye-les-Mines > Lavaur
Erosion
Cette onzième étape serpente sur les terrains sédimentaires du Bassin Aquitain. Après avoir traversé le massif primaire de la Grésigne, le peloton retrouve des routes relativement plates, liées à l’histoire de la région, un ancien bassin peu profond, longtemps occupé par un lac, au fond duquel sont venus se déposer les matériaux provenant de l’érosion du Massif central et des Pyrénées.
Des milliards de tonnes de débris rocheux arrachés à ces massifs anciens, au cours des 50 derniers millions d’années, ont été charriés par les eaux des rivières pour former un empilement de couches de sable, d’argile et de grès et de calcaires.
Au sud-est, c’est dans un autre bassin plus ancien, en Béarn au pied des Pyrénées, qu’ont été piégés gaz et pétrole, exploités dans la région depuis le milieu du vingtième siècle grâce à des centaines de forages profonds, permettant la production en 2009 de 374 000 tonnes de brut.
Les coureurs en auront un aperçu après-demain, au départ de Pau, tout proche du célèbre gisement de Lacq.
14 juillet - 12ème étape Cugnaux > Luz-Ardiden
La collision
Le peloton se lance dans la traversée de la chaîne pyrénéenne, du nord vers le sud et va retrouver les terrains escarpés, témoins de grands bouleversements géologiques.
L'histoire des Pyrénées commence il y a 100 Ma lorsque la plaque ibérique, qui prolonge alors l'ouest de la France, se détache du continent européen et coulisse vers le sud de l'Aquitaine. Cette déchirure a formé une grande entaille dans la croûte terrestre et subsiste encore dans le golfe de Gascogne. Mais, dans les Pyrénées, ce sillon s'est refermé et a été écrasé car, il y a 65 Ma, sous l'effet de la tectonique des plaque, l'Espagne, en remontant vers le Nord, vient percuter la France et s’enfonce comme un coin sous le continent, soulevant de nouvelles montagnes.
Cette collision a laissé des cicatrices et l'une d'entre elles se marque par la Faille Nord-Pyrénéenne, que les coureurs vont franchir vers le kilomètre 120, aux environs de Sarrancolin.
Une collision toujours active, qui chaque année fait grimper les sommets pyrénéens de 0,4 millimètres en moyenne. Soit 400 mètres de plus dans un million d’années, une aubaine pour les grimpeurs du futur.
15 juillet - 13ème étape Pau > Lourdes
Marbres
Cette treizième étape fait une boucle dans la partie nord de la chaîne des Pyrénées. Et les coureurs retrouvent les terrains chahutés lors de la collision entre la plaque ibérique et la plaque européenne, il y a 65 millions d’années.
Ce choc a mis à jour les roches existante par l’intermédiaire de diverses structures tectoniques (plis et failles). Les marbres d’Arudy, que les coureurs vont croiser entre les kilomètres 76 et 80, à Arudy, Izeste et Louvie-Juzon sont exploités dans plusieurs carrières. Les qualités marbrières de ces roches sont connues depuis l’Antiquité. On y retrouve plusieurs types de calcaires marbriers. Les noms attribués à la fin du XIXe siècle pour le marché français évoquent les lieux de production (Paloma, Sainte Anne…) et permettent une identification rapide du matériau comme pierre française pyrénéenne.
Les calcaires extraits à Arudy, appelés «marbre» par les carriers sont en fait les fameux calcaires urgoniens (comme ceux du Vercors qui surplombent Grenoble), datant de 110 millions d’années. Ce sont des calcaires de couleur gris clair, gris-bleuté ou beige, d’origine marine, provenant d’une importante accumulation de fossiles de bivalves marins, de coraux et d’algues. Ces dépôts se sont accumulés sur la plate-forme marine carbonatée qui bordait la marge nord-ibérique. On peut imaginer que la température des eaux à l’époque du dépôt de ces roches devait être particulièrement élevée, si on la compare avec celle des mers chaudes actuelles où se forment les récifs coraliens.
Ces roches sont débitées au fil et polies. Il en existe diverses variétés, plus ou moins décoratives, dues en grande partie aux variations du contenu organique des sédiments.
C’est d’ailleurs un marbre pyrénéen qui porte la plaque commémorative que les coureurs vont apercevoir dans la montée de l’Aubisque, en mémoire de la chute du coureur Wan Vin Est le 17 juillet 1951
16 juillet - 14ème étape Saint-Gaudens > Plateau de Beille
Le Talc
Cette étape emmène les coureurs le long de la grande Faille Nord-Pyrénéenne, cicatrice de la lente collision Espagne-Europe survenue progressivement entre 65 et 30 millions d'années Le peloton va parcourir 150 kilomètres au cœur de la chaîne pyrénéenne, dans un relief très chahuté, avant de frôler, au village des Cabannes, une montagne de douceur. Le plus grand gisement de talc du monde, à Luzenac.
La carrière de Trimouns, à 1800 mètres d’altitude, exploite un talc formé il y a 100 millions d’années, par le broyage d’énormes masses rocheuses lorsque l'Espagne s'est séparée de l'Europe. D’intenses circulations d’eau ont provoqué la transformation du roc initial en un minéral d’une blancheur et d’une douceur incomparable.
Luzenac produit chaque année 400 000 de tonnes de talc destiné à la pharmacie, la cosmétique, la papèterie, la céramique et à bien d’autres usages.
Les coureurs ont d’ailleurs longtemps utilisé le talc pour adoucir le contact entre la selle et leur fessier….
17 juillet - 15ème étape Limoux > Montpellier
Les dinosaures
Le Tour longe la Montagne Noire, des roches très anciennes. Mais c’est Montagnac, à 40 kilomètres de l’arrivée, que les coureurs vont rencontrer les vestiges de créatures du passé : des dinosaures. Il y a 70 millions d’années, le site aujourd’hui prisé des vacanciers était fréquenté par des femelles dinosaures qui venaient y pondre leurs œufs.
Entre Mèze et Montagnac, des dizaines de nids fossiles ont été découverts, remplis d’œufs jamais éclos. Ce qui fait de ce site exceptionnel l’un des plus importants gisements d’œufs de dinosaures en Europe.
De nombreux ossements ont également été dégagés, permettant l’identification d’une nouvelle espèce de dinosaure jusqu’alors inconnue, le Struthiosaurus.
Un parc musée permet aux visiteurs de découvrir le monde de ces géants disparus brutalement il y a 65 millions d’années.
19 juillet - 16ème étape Saint-Paul-Trois-Châteaux > Gap
Les ammonites
Les coureurs abordent des massifs calcaires. Au kilomètre 80, le peloton va passer à Moydans, connu dans le monde des paléontologistes pour son gisement d’ammonites fossiles datant de 130 millions d’années.
Ces mollusques à la coquille enroulée sur elle-même, étaient apparus il y a 400 millions d’années et avaient colonisé au cours du temps toutes les mers du globe, se diversifiant en innombrables variétés, de quelques centimètres à près de deux mètres de diamètre. Les ammonites devaient ressembler au nautile, qui vit encore dans les mers chaudes actuelles.
La présence de ces fossiles indique qu’à l’époque, la région était une fosse marine profonde, dans laquelle se déposaient sédiments et coquilles.
20 juillet - 17ème étape Gap > Pinerolo (Italie)
L’océan perché
Pour cette dix-septième étape, le peloton fait une grande traversée du massif alpin jusqu’en Italie, avec un passage de la frontière après le col du Montgenèvre, au kilomètre 98,5.
Mais c’est une autre frontière, invisible celle-là, que les coureurs vont franchir au cours de l’étape, en passant d’un continent à un autre.
Les Alpes sont nées de la collision entre deux continents, il y a une cinquantaine de millions d’années, lorsque la plaque africaine qui remontait vers le nord est venue percuter la plaque européenne. L’ancien océan qui séparait l’Europe de l’Afrique s’est trouvé peu à peu comprimé, écrasé puis complètement laminé par la poussée africaine. Il n’en reste plus que quelques lambeaux de son plancher rocheux, projetés en altitude. Ce sont ces lambeaux que les coureurs rencontrent au Col du Montgenèvre.
Il s’agit de roches très particulières de couleur verte, les ophiolites, d’anciennes laves volcaniques transformées au cours du temps. On peut toutefois encore distinguer des formes arrondies, caractéristiques des éruptions sous-marines. Les anglo-saxons les désignent sous l’appellation de « pillow-lava », lave en oreiller.
21 juillet - 18ème étape Pinerolo > Galibier Serre-Chevalier
Le Galibier
Pour ce centième assaut du Galibier dans l’histoire du Tour, le peloton s’élance depuis l’Italie pour une traversée d’Est en Ouest des Alpes internes.
Les coureurs font le trajet inverse de la veille, retraversant les massifs chahutés des Alpes, avec en ligne de mire l’ascension finale du Galibier.
Difficile de réaliser que le Galibier, grande dalle de calcaire qui culmine à 3228 mètres d’altitude, était autrefois une vaste plaine sous-marine qui bordait le sud du continent européen.
Une plaine chahutée par la poussée africaine depuis 50 millions d’années, déplacée vers l’ouest de plusieurs kilomètres et expédiée du fond des mers vers les sommets, en s’empilant sur d’autres strates de terrains elles aussi décalées.
22 juillet - 19ème étape Modane > L'Alpe d'Huez
Les cristaux
Comme la veille, les coureurs vont retraverser les montagnes du Briançonnais d’est en ouest.
Le peloton va retrouver le Galibier à mi-parcours, avant de gravir les pentes des massifs de l’Oisans, dont les failles recèlent de véritables joyaux naturels, les cristaux des Alpes.
Ces cristaux, quartz, fluorine, calcite, se sont formés il y a une dizaine de millions d’années dans des zones qui étaient à grande profondeur. Les très fortes températures et les énormes pressions régnant dans cet environnement ont permis à ces cristaux de croître lentement, développant leurs géométries parfaites dans les étroites fissures de la roche. Les mouvements tectoniques et l’érosion ont ensuite amené ces gisements en surface, à portée de pic des cristalliers
Ces chercheurs de cristaux professionnels sont aussi des alpinistes de haut niveau, condition nécessaire pour atteindre les failles et interstices où se cachent les plus beaux spécimens. Le musée des minéraux de Bourg-d’Oisans propose aux visiteurs une magnifique exposition de cristaux collectés dans les montagnes environnantes.
23 juillet - 20ème étape Grenoble > Grenoble (contre-la-montre individuel)
Le récif
Le circuit grenoblois se déploie à l’Est de la ville, permettant aux coureurs d’apercevoir la haute silhouette du Vercors vers l’ouest.
Cette énorme barre de calcaire s’est formée il y a plus de 90 millions d’années, par l’accumulation de sédiments et de coquilles dans le fond d’une mer chaude et peu profonde, accumulation sur laquelle s’est ensuite installé un immense récif corallien. Lors du soulèvement des Alpes, provoqué par la poussée de la plaque africaine, ce tranquille fond marin se retrouve lentement porté en altitude, terminant sa course il y a 6 millions d’années à 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
24 juillet - 21ème étape Créteil > Paris Champs-Elysées
La traversée
Pour cette dernière étape, les coureurs traversent la partie centrale du bassin parisien selon la direction sud-est nord-ouest. Ils recoupent ainsi les formations calcaires, sableuses et argileuses qui constituent le soubassement géologique de la région. Les calcaires ont d’ailleurs été exploités en galeries souterraines pour extraire les pierres de construction des monuments parisiens. Il en reste un réseau de galerie devenu les catacombes.
En surface, l’érosion naturelle a modelé le relief et creusé quelques cuvettes dans ces terrains, donnant naissance par différence aux monts parisiens comme la colline de Chaillot, les Buttes Chaumont ou Montmartre, point culminant de la capitale, avec 130 mètres d’altitude. Le peloton se contentera de l’ascension des Champs Elysées, 60 mètres d’altitude pour cette butte de calcaire supportant l’Arc de Triomphe.