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BUREAU DE RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES

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Martinique : relance de la géothermie

Le BRGM s’est vu confier la mission de définir les conditions d’exploitation de la géothermie dans certaines régions martiniquaises, à partir de travaux géothermiques réalisés en 2003. Le projet se déroule en collaboration avec les acteurs locaux.

Baie de Saint Pierre, en Martinique, au pied de la montage Pelée (Martinique, 2012). © BRGM - Maryse Le Roy

 

Au cours des dernières années, les défis à relever en matière d’énergie dans les départements d’Outre-mer ont été maintes fois réaffirmés. Le Grenelle Environnement et la loi Grenelle 1 ont même permis de chiffrer certaines ambitions : l’objectif est d’atteindre dans ces départements une contribution de la géothermie à hauteur de 20 % de leur consommation d’énergie à l’horizon 2020.

Deux types de ressources géothermiques

En ce qui concerne la Martinique, les premières campagnes d’exploration géothermique datent d’au moins une quarantaine d’années. Les ressources sont a priori de deux sortes : des ressources « basse énergie » (avec des températures proches de 100 °C), qui pourraient servir à la production de froid, et des ressources « haute énergie » (avec des températures de l’ordre de 200 °C), pour la production d’électricité. La prospection est donc relancée dans un cadre institutionnel conçu à cet effet.

De nouveaux indices géothermiques

Les explorations en Martinique et en Guadeloupe pour produire de l’électricité avaient commencé à peu près en même temps, au milieu des années 1960. En Martinique, c’est la zone du Lamentin - où se concentre quelque 80 % de l’économie martiniquaise - qu’un premier forage d’exploration avait mis en évidence, fin 1969, la présence d’une eau à 90 °C, autour de 200 m de profondeur. L’exploration a pris une nouvelle dimension avec l’intervention du BRGM, au tournant des années 1970-1980, qui a recueilli toutes sortes d’indices géothermiques dans la zone située entre la Montagne Pelée et les Pitons du Carbet. Mais dans un contexte marqué par une baisse du cours des hydrocarbures, ces recherches furent abandonnées.

 

La source chaude de Petite Anse, indice du potentiel géothermal de la région sud de la Martinique. © BRGM - Alain Gadalia

Des résultats géothermiques favorables

Au début des années 2000, trois forages d’exploration plus profonds (1 000 m) réalisés sur la zone du Lamentin n’ont malheureusement pas permis de trouver de l’eau plus chaude (au-delà de 150 °C), indispensable pour produire de l’électricité. Juste après ces forages, le BRGM a mené une exploration pluridisciplinaire autour de la Montagne Pelée et sur la zone des Anses d’Arlet et du Diamant jugées comme prioritaires. Résultats fin 2003 : des indices favorables dans ces deux régions, avec des eaux d’au moins 200 °C, mais dont la profondeur et la capacité restaient à définir.

Définir les conditions de redémarrage de la géothermie

Les décisions du Comité Interministériel de l’outre-mer de novembre 2009 de relancer l’exploration géothermique moyennant la réalisation de forages de reconnaissance peuvent donc s’appuyer sur un gisement de connaissances déjà conséquent. L’ADEME et la Région Martinique ont ainsi conclu en juin 2010 une convention avec le BRGM. Ce dernier, en collaboration avec les acteurs locaux, est donc chargé de définir les conditions de redémarrage de la géothermie à partir des travaux de 2003, et ce dans les deux zones potentielles identifiées pour la haute énergie et dans la zone du Lamentin pour la ressource basse énergie.

La participation des acteurs locaux

D’où la création d’un comité de pilotage destiné à intégrer tous les acteurs locaux dans les processus de décision : État, collectivités locales, instituts de recherche, associations environnementales, gestionnaire du parc naturel régional de la Martinique… Cette démarche s’imposait pour que tous puissent participer aux débats, mais aussi pour que les problèmes environnementaux éventuels soient pris en compte en amont. Ce Comité de pilotage est appelé à suivre toutes les phases de réalisation du projet.

De nouvelles zones d’intérêt géothermique

À ce jour, de nouveaux résultats complètent les études engagées en 2003, en précisant par exemple des âges de volcanisme plus récents que ceux connus jusque-là. D’où de nouvelles zones d’intérêt potentiel (Pitons du Carbet par exemple) que le BRGM va prospecter. Ce dernier a également défini des zones possibles d’implantation de forages, le tout assorti de conditions pratiques et réglementaires. Enfin, le BRGM a identifié un ensemble de contraintes environnementales à respecter. À partir de là pourront démarrer, dès 2012 et grâce à l’utilisation de fonds européens FEDER, les forages proprement dits, que ce soit dans les zones à haute énergie ou dans celle du Lamentin. Sur cette dernière, il est d’ailleurs envisagé d’utiliser des pompes à chaleur (PAC) à sorption : l’utilisation de cette technologie sur des ressources géothermales serait une première.

Dernière mise à jour le 22.04.2013
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