La géologie du plateau continental français

Le territoire maritime français (métropole et outre-mer), bordé par 18 000 km de côtes, possède une zone économique exclusive de 11 millions de km², dont 400 000 km² de plateau continental (de 0 à 150 m de profondeur d’eau), prolongement direct du territoire émergé. Améliorer la connaissance du sol et du sous-sol de celui-ci et de la transition terre-mer est un impératif au regard de nombreux enjeux sociétaux : aménagement du littoral, infrastructures (tunnels, ports…), ressources minérales (énergies fossiles, granulats…), ressources en eau, énergies renouvelables (géothermie, éolien…) risques côtiers…

Cartographier et diffuser une connaissance intégrée du plateau continental français

Le projet Plateau continental vise à cartographier les objets géologiques constituant le plateau continental français. Il s’agit d’établir et de diffuser une connaissance intégrée 3D terre-mer : cartes géologiques de synthèse, cartes thématiques (nature des fonds marins…), MNT et modèles géométriques 3D des formations, base de données nationale de géologie marine (BGM-BSS sondage public marin consultable sur le portail InfoTerre du BRGM), publications scientifiques…

 

Ces travaux s’appuient sur des études et produits cartographiques existants et sur la valorisation de données nouvellement acquises. Le calage géologique est réalisé à partir de prélèvements de surface et de carottages. Les données géophysiques fournissent des informations sur les géométries : des levés bathymétriques et de sonar latéral permettant d’étudier le fond-marin, des levés de sismique réflexion de (très)-haute résolution permettant d’imager les premières dizaines de mètres du substratum. Les données de sismique réflexion à plus grande pénétration, de type pétrolière, ainsi que les levés magnétiques sont également exploitées.

 

Carte géologique terre-mer au 1/250 000, feuille Lorient (Thinon et al, 2008), mettant en lumière la continuité terre-mer des formations et structures géologiques. © BRGM

Trois territoires spécifiques concernés par l’étude : la baie de Seine, la région Marseille la Ciotat et les marges corses.

Sur 2011-2012, trois territoires sont concernés. Une étude est dédiée à la connaissance géologique 3D de la baie de Seine. L’analyse des données sismiques corrélées à des prélèvements du substratum a permis d’établir une synthèse cartographique sur les 300 premiers mètres de profondeur, travaux réalisés dans le cadre d’une thèse (M. Benabdellouahed, 2011) à l’université de Caen-Normandie cofinancée par le BRGM. Cette étude se poursuit en pro­fondeur jusqu’au toit du socle et sur la région du pays de Caux.

 

La marge provençale est l’objet d’une étude visant à cartographier le prolongement des objets géologiques observés à terre, à préciser la cartographie de la surface d’érosion messinienne et à réaliser une cartographie géologique offshore de la région de Marseille/La Ciotat. Elle s’appuie sur l’exploitation de nouvelles données sismiques HR (collaboration avec les universités de Provence et de Montpellier).

 

L’étude des marges corses, enfin, vise à modéliser la géométrie des formations géologiques des bassins sédimentaires tertiaires terre-mer (bassin est-Corse, Bonifacio…), afin de comprendre leur évolution depuis le Miocène et de quantifier les mouvements verticaux.

 

En ont découlé une carte géologique à 1/50 000 des Bouches de Bonifacio, deux modèles géologiques 3D (plateau de la plaine orientale et bassin est-Corse) et une carte géologique (écorché au Messinien) terre-mer à 1/250 000 des marges corses (collaboration avec l’université de Corte et le MNHN).

Dernière mise à jour le 22.04.2013