Exposition de la RD 242 aux risques naturels - Ile de La Réunion

Reliant le village d’Ilet à Cordes, la RD 242 est souvent affectée de mouvements de terrains variables. Le BRGM a réalisé une étude pour identifier l’exposition de cette infrastructure routière aux phénomènes naturels, afin de proposer des mesures de sécurisation.

Vue de la RD242 dans un des secteurs les plus exposés

Contexte de réalisation

La RD242 relie le centre-ville de Cilaos au village d’Ilet à Cordes, situé dans la partie occidentale du cirque éponyme. Créée au début des années 1970, elle constitue la dernière des routes ouverte pour désenclaver les écarts habités du Cirque de Cilaos, et représente le seul accès routier pour les habitants d’Ilet à Cordes. La RD242 constitue par ailleurs un axe routier à caractère "touristique" très marqué, accueillant ainsi un trafic non négligeable. Situé au pied d’imposants versants sur les 10 km environ de son linéaire, cette infrastructure est régulièrement affectée, depuis sa réalisation, par des instabilités d’ampleur très variable, qui pour certaines ont entrainé l’isolement du village d’Ilet à Cordes pendant plusieurs jours.

Objectifs

Une étude a été engagée pour identifier l’exposition de cette infrastructure routière aux phénomènes naturels de type « mouvements de terrain » et pour proposer des mesures de sécurisation.

Programme des travaux

La première phase de l'étude a consisté à caractériser l’aléa mouvements de terrain affectant le linéaire routier. Cette opération s'est déroulée en 3 étapes :

  • dans un premier temps, un état des lieux détaillé des instabilités historiques et menaces existantes sur le tronçon routier a été fait, à partir :
    • des données relatives à la construction de la route, aux travaux et études engagés sur l’itinéraire routier concerné depuis sa construction ;
    • de données historiques et événementielles concernant les phénomènes naturels ; de données géologiques, morphologiques, hydrologiques, hydrogéologiques ;
    • de reconnaissances de terrain comprenant un examen géologique et géotechnique de l’itinéraire et de ses abords, en vue de déterminer les principales formations rencontrées sur le tracé ;
    • d’un relevé des indices de mouvements de terrain afin de déterminer les zones de production et de propagation d’instabilités ;
    • d’une reconnaissance héliportée de l’itinéraire, afin de compléter les connaissances acquises depuis la route.
  • dans un deuxième temps, ces données ont été interprétées afin de dégager une typologie des phénomènes naturels susceptibles d’affecter la zone d’étude.
  • dans un troisième temps, un découpage du linéaire étudié en secteurs d’exposition homogène vis-à-vis des risques de mouvements de terrain a été proposé.

La seconde phase d'étude a consisté à proposer des aménagements visant à sécuriser la RD242 en conservant l’itinéraire actuel, dans la mesure où toute solution s’appuyant sur une modification du tracé est rendue difficilement envisageable du fait des contraintes fortes imposées par un contexte morphologique particulièrement difficile. Les dispositifs de protection sont variés et comprennent :

  • des parades actives, dont l’objectif est d’empêcher le déclenchement des mouvements de terrain ;
  • des parades passives qui visent à contenir les masses en mouvement pour qu’elles n’atteignent pas la route.

Le plus souvent, deux variantes ont été retenues pour traiter les instabilités prévisibles :

  • une solution de base (solution 1) qui vise à traiter les phénomènes dangereux courants en conservant l’itinéraire actuel. Elle doit être considérée comme une solution de sécurisation minimale ;
  • une solution 2, correspondant suivant les cas à une solution alternative à la solution 1 ou à une solution complémentaire avec un objectif de risque minimisé. Dans ce second cas, cette solution 2 s’avère généralement sensiblement plus coûteuse que la solution 1.

Résultats obtenus

La sécurisation de l’ensemble de l’itinéraire a été estimée à près de 10 M€ HT pour la solution de base (solution 1). Celle-ci fait appel à différents types de dispositifs, qui sont pour l’essentiel déjà largement utilisés sur les routes de La Réunion, et donc peuvent être aisément mis en œuvre par les entreprises de l’île (construction d’écran, pose de filets dynamiques, reprofilage des terrains, etc.).

 

Une variante à la solution de base a également été établie (solution 2). Le montant de cette solution alternative a été évalué à environ 27,5 M€ HT, soit près de 3 fois le budget de la solution de base. Ce différentiel important s’explique en grande partie par le dispositif proposé sur le secteur Cap La Rouille qui à lui seul a été en première approche évalué à environ 12 M€. Outre son montant très important, le dispositif proposé - casquette en béton pare-blocs - se singularise par une technicité élevée par rapport aux autres parades proposées.

Partenaire

Département de La Réunion ‐ Direction des Déplacements et de la Voirie

RAPPORTS PUBLICS

  • BRGM/RP-59175-FR - "Exposition de la RD242 (route d'Ilet à Cordes) aux risques naturels et propositions de sécurisation - Rapport de phase 1 - Analyse préliminaire du linéaire routier et niveau d'exposition" - Télécharger le rapport
  • BRGM/RP-59311-FR - "Exposition de la RD242 (route d'Ilet à Cordes) aux risques naturels et propositions de sécurisation - Rapport de phase 2 - Propositions de programme de sécurisation" - Télécharger le rapport
Dernière mise à jour le 22.04.2013