Evolution et dynamique du trait de côte de l’archipel guadeloupéen

Afin d’anticiper au mieux les évolutions futures, ce projet consiste à évaluer la dynamique du trait de côte de l’archipel guadeloupéen au cours des 50 dernières années, pour mieux comprendre les phénomènes liés aux changements climatiques.

Pointe de la Saline (Le Gosier) –Evolution du trait de côte entre 1956 et 2004

Contexte de réalisation

Archipel composé de six îles principales, la Guadeloupe offre plus de 600 km de côtes. La connaissance de la dynamique du trait de côte à l’échelle de l’archipel est limitée, en particulier pour sa composante historique. Cet aspect mérite d’être mieux pris en compte dans le cadre de nouveaux aménagements littoraux. En effet, le littoral de la Guadeloupe est connu pour être fragile en plus d’être soumis à une pression croissante résultant du couplage aménagements - évènements météorologiques destructeurs (tempêtes tropicales et cyclones).

 

Une étude BRGM datant de 1990 avait permis de mettre en évidence une tendance générale au recul du littoral. Aux vues de la concentration des enjeux humains, naturels (mangroves, plages, …) et socio-économiques (ports, pêche, tourisme, …) mais également de l’élévation annoncée du niveau des mers due aux changements climatiques, il s’est avéré nécessaire de s’attacher à la compréhension de la dynamique du trait de côte de l’archipel. Cette étude entre dans le cadre du S.M.V.M. (Schéma de Mise en Valeur de la Mer), partie intégrante du S.A.R. (Schéma d’aménagement Régional).

Objectifs

Il s’agissait d’évaluer la dynamique du trait de côte de l’archipel guadeloupéen au cours des 50 dernières années afin de comprendre les phénomènes en jeu à l’échelle régionale et établir un état de référence. L’objectif est de comprendre les évolutions passées pour anticiper au mieux les évolutions futures.

Programme des travaux

L’étude s’est déroulée en 4 phases principales :

  • caractérisation de la nature du littoral afin d’identifier les unités considérées comme homogènes ; réalisée sous SIG, elle rend compte de la compilation de l’ensemble des informations bibliographiques retenues ainsi que de missions de terrains et d’expertises ponctuelles ;
  • évaluation de l’évolution historique du trait de côte, qui a consisté en une comparaison qualitative des traits de côte extraits par digitalisation des fonds topographiques et photographiques sur la période 1950-2000. Elle permet de faire le constat des zones ayant vu leur profil varier, sans analyse de détail des causes ;
  • compilation de l’ensemble des informations collectées dans une base de données et mise en place d’un SIG (au format MAPINFO©) permettant des analyses croisées et quantifiée ;
  • définition et proposition de lignes directrices pour des observations et suivis du trait de côte ; le suivi régulier des variations morpho-sédimentaires du littoral à différentes échelles spatio-temporelles est un outil primordial d’aide à la gestion intégrée des zones côtières. La pérennisation des observations servira également de base à l’évaluation future de l’impact de l’élévation du niveau marin et de l’éventuelle intensification de l’activité cyclonique.

Résultats obtenus

La méthodologie employée repose sur une approche qualitative des dynamiques littorales. Elle permet d’avoir une vision globale de la nature du littoral et des tendances associées, ceci afin d’identifier les sites considérés comme sensibles et devant faire l’objet d’études plus détaillées.

 

Il s’agit aussi de mettre à disposition des aménageurs et collectivités les connaissances et outils (Banque de données et SIG notamment) leur permettant de tirer le meilleur parti du littoral tout en assurant sa pérennité et sa valorisation.

 

Suite à l’analyse de la dynamique et de l’évolution historique du trait de côte, un régime érosif général sur l’ensemble de l’archipel a été mis en évidence, dont les facteurs principaux sont la lithologie des côtes, l’hydrodynamisme marin et les évènements météorologiques marquants.

 

Il apparaît que 62 % des 630 km de côtes sont stables ou à l’équilibre (évolution dans le temps mais retour à l’état de référence), 25 % environ sont en érosion, 12 % seulement en régime d’accrétion. Les tendances évolutives quantifiées sur les différentes portions littorales sont établies au sein d’un SIG, pouvant être réactualisé et partagé.

 

Des évolutions futures sont étudiées en tenant compte de la description du littoral, des évolutions récentes et des informations disponibles sur l’élévation du niveau marin en lien avec le changement climatique. Ainsi plusieurs secteurs de vulnérabilité aux risques côtiers ont pu être identifiés. Plus précisément, une liste de 43 sites considérés comme sensibles a été dressée. 7 d’entre eux présentent de forts enjeux humains, environnementaux ou socioéconomiques.

Partenaires

La Région Guadeloupe

La Direction Départementale de l'Equipement (devenue DEAL en janvier 2011)

RAPPORT PUBLIC

  • BRGM/RP-58750-FR - "Evolution et dynamique du trait de côte de l'archipel guadeloupéen. Etude de 1956 à 2004. Rapport final" - Télécharger le rapport
Dernière mise à jour le 22.04.2013