Etude de l’aquifère des alluvions de la Vallée de l’Isère en amont de Pontcharra
Contexte de réalisation
L’alimentation AEP de la commune d’Albertville est actuellement assurée par un point d’exploitation unique. La faible profondeur (≈20 m) des ouvrages, assortie d’une localisation à proximité immédiate de la voie rapide, rend ce champ captant très vulnérable vis-à-vis des pollutions accidentelles.
Dans ce contexte, la CORAL (Communauté de Communes de la Région d’Albertville) souhaite que d’autres zones de production sécurisées soient envisagées, telles que l’exploitation de l’aquifère des alluvions de la vallée de l’Isère à une plus grande profondeur que le champ captant de la Plaine de Conflans. Dans cette optique, une substitution des forages de production actuels est examinée, en plaçant géographiquement le nouveau point d’exploitation à proximité immédiate d’Albertville, afin de limiter les coûts de raccordement au réseau existant. La CORAL étudie cette démarche dans le cadre d’une amélioration préalable de la connaissance de l’aquifère des alluvions de la vallée de l’Isère. En effet, les études existantes montrent que cet aquifère, bien que présentant un intérêt potentiellement important au droit d’Albertville, en raison de l’épaisseur de ses sédiments, reste encore partiellement documenté. De plus, la CORAL souhaiterait élargir sa réflexion sur l’alimentation en eau potable, en inscrivant sa démarche dans le cadre plus vaste de l’élaboration en cours du SCOT Arlysère.

Zone d’étude de l’aquifère des alluvions de la Vallée de l’Isère en amont de Pontcharra
Objectifs
L’objectif du programme d’investigation proposé vise à améliorer les connaissances sur l’aquifère des alluvions de la vallée de l’Isère, en satisfaisant à la fois les attentes de la CORAL et les exigences du SDAGE 2009 (caractérisation des « ressources majeures à préserver pour l’alimentation en eau potable actuelle ou future », notamment en identifiant des « zones stratégiques à préserver », disposition 5E-01 du SDAGE).
Pour ce faire, une campagne de géophysique a été réalisée en phase 2 du projet pour :
- caractériser la géométrie de l’aquifère et la succession de ses horizons géologiques, afin de contraindre la vulnérabilité de l’aquifère ;
- positionner le forage de reconnaissance à l’endroit le plus favorable (vulnérabilité et quantité) dans la perspective de son exploitation future ;
- fournir à l’hydrogéologue agréé les arguments scientifiques pour évaluer la vulnérabilité d’un futur captage et permettre la délimitation des périmètres de protection.
Programme des travaux
Ce travail a consisté en des investigations géophysiques de sismique réflexion haute résolution et de tomographies de résistivité électrique sur 4 profils choisis conjointement par le BRGM et ses partenaires sur des sites préalablement sélectionnés.
- La sismique réflexion utilise la réflexion des ondes sismiques sur les interfaces entre plusieurs niveaux géologiques. Bénéficiant d’une résolution incomparable en profondeur, cette méthode s’applique à imager en détail les successions lithostratigraphiques et à caractériser des géométries et structures complexes (failles et fractures, graben, plis, diapir, failles actives).
- Les méthodes électriques reposent sur la mesure de la résistivité électrique, paramètre caractéristique de la lithologie (en particulier la teneur en argile), la teneur en eau des roches et des sols et la salinité de l’eau dans la formation. La tomographie de résistivité électrique permet d’imager la distribution des résistivités du sous-sol sous forme de section 2D. Ces méthodes sont particulièrement indiquées pour la caractérisation de la géologie de subsurface, la localisation et la caractérisation des eaux souterraines.
Résultats obtenus
La prospection géophysique réalisée en amont d’Albertville a permis d’apporter les informations suivantes :
- La mise en évidence d’une succession typique d’horizons géoélectriques : résistant – conducteur – résistant – conducteur – (résistant profond) :
- le résistant superficiel est interprété comme le complexe sablo-graveleux avec galets, identifié par les forages (sur une épaisseur de 10 à 30 m pour le secteur le plus à l’Est) ;
- le conducteur intermédiaire est interprété comme un horizon de matériaux plus fin (sables – limons, argiles ?), déposé en période de plus basse énergie (sur une épaisseur de 10 à 20 m pour le secteur le plus à l’Est) ;
- le résistant intermédiaire est interprété comme un horizon sablo-graveleux, potentiellement aquifère (sur une épaisseur de 20 à plus de 40 m pour le secteur le plus à l’Est) ;
- le conducteur profond est interprété comme une moraine de fond (argile à blocs).
- L’aquifère superficiel exploité actuellement, formant la nappe d’accompagnement de l’Isère, est constitué d’un complexe de sables-graviers et galets grossiers très perméable. Il présente une résistivité très élevée de l’ordre de 1000-2000 Ωm.
- Le substratum, identifié par la sismique, correspondrait à un horizon résistant et est situé à environ 200 m de profondeur sur le secteur le plus à l’Est.
- Quelques discontinuités géo-électriques sont interprétées comme la présence de contacts entre des formations géologiques ou reflètent des paléomorphologies héritées de périodes glaciaires.
- Trois emplacements potentiellement favorables à l’implantation des ouvrages de reconnaissance sont proposés sur le secteur d’investigation le plus à l’Est (secteur de la Maladière) et visent à tester les capacités de production du résistant le plus profond mis en évidence sur la quasi-totalité du secteur.
- Une fois le premier ouvrage réalisé, il conviendra de confronter les données géologiques de forage aux données géophysiques afin de réévaluer les potentialités du secteur.
Partenaires
CORAL (Communauté de Communes de la Région d’Albertville)