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BUREAU DE RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES

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Etat des nappes d’eau souterraine au 1er mars 2012

Note d'information - 15.03.2012
Une grande majorité des nappes phréatiques (80%) affichent un niveau inférieur à la normale. L’absence de recharge sur les premiers mois de l’année 2012 risque d’affecter la capacité d’exploitation des eaux souterraines dans les mois à venir.

Résumé de la situation

Situation du niveau des nappes

Le niveau des nappes au 1er mars 2012 est hétérogène d’une région à l’autre.
 
Une grande majorité des réservoirs (80%) affichent un niveau inférieur à la normale. C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin parisien, sur le secteur du Rhône et dans le sudouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce, la nappe de la Craie en Touraine ou encore les nappes du bassin de la Garonne amont. Cette situation est le résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique.

Tendance d’évolution du niveau des nappes

En ce début d’année 2012, sur l’ensemble du territoire, les niveaux en baisse sont majoritaires (51%). 26% seulement des indicateurs présentent des niveaux stables et moins d’un quart des points de suivi est en hausse (24%).
 
Sur de nombreux secteurs et notamment sur le pourtour sud du Bassin Parisien, sur le sudest de la France ou encore le nord du bassin Aquitain, une situation de baisse relative des niveaux est observée. On note ainsi, à l’échelle nationale, que la période de recharge hivernale des nappes n’est pas encore effective. L’absence de recharge sur les premiers mois de l’année 2012 risque d’affecter la capacité d’exploitation des eaux souterraines dans les mois à venir.

La carte de France de la situation des nappes au 1er mars 2012

La carte de France de la situation des nappes au 1er mars 2012

 

Les précipitations du mois de février sont fortement déficitaires sur l’ensemble du pays avec des valeurs n’atteignant généralement pas 25% de la normale. Seules quelques zones bénéficient d’une pluviométrie entre 25% et 50% de la normale : le nord de la Bretagne, les Pyrénées centrales, du Nord-Pas-de-Calais à l’Aisne et à la Champagne-Ardenne et le nordest de la Corse. En moyenne sur la France, le déficit est le plus remarquable depuis 1959. Sur l’ensemble de la France, le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est déficitaire par rapport à la normale. Seuls la plaine des Pyrénées-Orientales, la région de La Porta (Haute-Corse) et l’ouest du Var bénéficient d’un cumul excédentaire, grâce aux précipitations importantes de l’automne 2011. Le déficit représente 50 à 75% de la normale de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne au sud des Pays de la Loire, dans le nord du Bas-Rhin, dans les plaines de Midi-Pyrénées, sur le sud de l’Auvergne, localement dans l’Ardèche et la Drôme ainsi que dans la région de Marseille (Bouches-du-Rhône) où le déficit dépasse localement 75%.

 

Cette situation pluviométrique conduit à observer pour ce mois de février 2012 une évolution des ressources en eau souterraine stable ou à la baisse pour la très grande majorité des points de suivi (77%). Seule une faible partie des points (24%) est encore en hausse en février 2012. La période habituelle de recharge des nappes de début d’année, considérée active début janvier, n’a été que très éphémère pour l’instant. Les situations sont, bien entendu, contrastées selon que l’on considère les nappes fortement capacitives ou plus réactives mais les niveaux demeurent encore le plus généralement inférieurs aux normales.

 

Le niveau des nappes à fin février 2012 est en hausse pour 24% d'entre elles, en baisse relative pour 51% et stable pour les 26% restant.

 

L’état de remplissage des aquifères se maintient très majoritairement sur des valeurs inférieures à la normale en cette fin février 2012. Il est assez peu contrasté : inférieur à la moyenne pour 80 % des points suivis, égal à la moyenne pour 15 % et supérieur à la moyenne pour les 5 % restants.

 

Plusieurs situations déficitaires, assez marquées, sont observées (Bassin Parisien, Bassin Aquitain, Rhône aval). Quelques situations proches de la normale marquent malgré tout le territoire dans les contextes aquifères de quelques secteurs des régions Languedoc- Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte-D’Azur (PACA), Franche-Comté et Alsace.

 

Pour les nappes qui présentent une situation déficitaire on peut citer :

  • Les nappes de la Craie et du calcaire Jurassique qui présentent des niveaux inférieurs, voire très inférieurs, à la normale sur l’ensemble du pourtour du Bassin Parisien, à l’échelle du bassin Seine-Normandie et du bassin Loire-Bretagne. La baisse des niveaux pour de nombreux indicateurs traduit l’absence marquée de période de recharge des nappes, généralement observée en ce début d’année.
  • Les aquifères calcaires libres du Crétacé et du Jurassique dans le bassin Adour- Garonne qui présentent des niveaux inférieurs à la normale. La recharge hivernale n’est pas effective et une tendance à la baisse se maintient. Cette situation, peu habituelle en ce début d’année, est assez dégradée. 
  • Les alluvions et corridors fluvio-glaciaires du Rhône aval, touchées par le manque de précipitations, qui présentent des niveaux très inférieurs aux valeurs généralement observées en cette période de l’année, à l’image des nappes en plaine de Valence. La situation du secteur évolue plutôt de manière défavorable en cette période habituelle de recharge.

Pour les nappes qui présentent des situations plus favorables, du fait de précipitations moins déficitaires, on peut citer :

  • Les nappes alluviales côtières de la région PACA qui présentent des niveaux globalement stables avec des taux de remplissage proche de la normale pour de nombreux points de suivi.
  • Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau dans le bassin Adour- Garonne présentent des niveaux proches de la normale pour cette période de l’année. La recharge reste cependant tardive comme sur le quart sud-ouest du territoire.
  • La nappe d’Alsace au sud de Colmar qui présente des niveaux assez stables en moyenne et proches de la normale. Certains niveaux du centre de la plaine d’Alsace restent supérieurs à la normale, tout comme les secteurs dont l’alimentation principale provient du Rhin.

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Dernière mise à jour le 02.04.2013

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