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BUREAU DE RECHERCHES GÉOLOGIQUES ET MINIÈRES

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Correction des cartes d’aléa - Application à l’amiante naturelle

La réalisation (en Haute-Corse et en Savoie) de cartes de l’aléa de présence d’amiante dans les terrains est basée sur les cartes géologiques. Mais pour les éboulis et les cônes de déjection, qui sont des formations géologiques de nature très hétérogène, cet aléa était identifié comme "variable". La présente étude a permis de préciser la valeur des aléas en reconstituant les trajectoires théoriques suivies par les éléments rocheux constitutifs des éboulis et des cônes de déjection.

Contexte de réalisation

L'action 41 du deuxième plan national santé environnement prévoit de gérer les expositions à l'amiante environnemental  en réalisant un recensement exhaustif des zones amiantifères sur tout le territoire national.

 

Le MEDDTL a donc demandé au BRGM d’établir des cartes de l’aléa de présence d’amiante dans les terrains naturels des régions géologiquement exposées.

 

L’établissement de ces cartes se fait à partir des cartes géologiques qui reflètent la nature des roches. Mais pour les éboulis et les cônes de déjection, qui sont des formations géologiques souvent de nature très hétérogène, et en l’absence de données quantifiables ou vérifiées sur le terrain, il est à priori impossible d’attribuer une valeur pour cet aléa.

 

C’est pour cette raison que, dans la version de 2005 de la cartographie de l’aléa « amiante environnemental » proposée pour la moitié nord de la Haute-Corse, un aléa "Variable" avait été introduit. Pour améliorer la qualité des cartes d’aléa et éviter la classe d’aléa "Variable", une méthodologie basée sur le calcul des trajectoires gravitaires suivies par des particules rocheuses soumises à érosion a été développée.

 

Carte des roches potentiellement porteuses d’amiante de la Corse du Nord

Objectifs

Cette méthodologie repose sur une reconstitution des trajectoires théoriques suivies par les éléments rocheux constitutifs des éboulis et des cônes de déjection, dans le but de préciser la valeur des aléas au niveau des différentes sources émettrices identifiées. Le principe – et la principale limite - de cette méthode repose sur l’acceptation de l’hypothèse selon laquelle les éboulis représentés sur la carte géologique sont directement en relation avec la morphologie et les réseaux d’écoulement actuels. Et que ces éboulis sont donc issus de l’érosion d’un relief très proche de celui que l’on observe aujourd’hui.

Programme des travaux

La mise en œuvre de la méthode nécessite au préalable de définir, de manière la plus fine possible, tous les bassins versants et tous les chemins « d’écoulement » que ces éléments rocheux sont susceptibles d’emprunter une fois désolidarisés du substratum dont ils sont issus.

 

Cette mise en œuvre s’est déroulée en plusieurs phases :

  • la délimitation des bassins versant à partir du MNT (Modèle Numérique de Terrain) et de la reconstitution du réseau hydrographique théorique par identification des exutoires ;
  • la caractérisation des zones à aléa « Variable » par subdivision de ces zones par les bassins versants délimités précédemment ;
  • la définition des chemins d’écoulement (trajectoires) en fonction des couches géologiques déjà classées ;
  • l’attribution d’aléa aux polygones couverts par un aléa variable par identification des écoulements gravitaires les traversant.

Résultats obtenus

Cette méthode a été appliquée sur les départements déjà cartographiés et présentant des surfaces de type éboulis et cônes de déjection importantes (Haute-Corse, Savoie) et le sera prochainement sur les départements en cours de cartographie (Hautes-Alpes, Isère).

 

L’impact de cette amélioration, lié à l’intensité du relief et à la continuité de réseau hydrographique, a permis de lever l’ambiguïté pour toutes les surfaces concernées.

 

Ce travail de cartographie accompagne la forte demande exprimée concernant les préconisations de mesures de travaux pour réduire le risque d’exposition des populations dans les zones où l’inventaire met en évidence des zones aménagées directement sur des roches amiantifères. C’est en Corse que le problème est le plus saillant, région où le BRGM poursuit une collaboration sur ce thème avec le CETE (Centre d'Études Techniques de l'Équipement) et avec l’OEC (Office de l’Environnement Corse). A l’échelle du territoire national, des initiatives sont en cours avec la rédaction de guides d’usage tel que celui de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité).

Partenaires

MEDDTL / Direction Générale de la Prévention des Risques

Dernière mise à jour le 22.04.2013
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