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Aléa inondation Rupture d'embâcle

 
UN EMBÂCLE consiste en l'obstruction d'un cours d'eau par la constitution d'une digue naturelle entraînant une retenue d'eau importante. La digue peut être constituée soit par des éléments solides arrachés à l'amont et charriés par le cours d'eau, soit par l'obstruction du cours d'eau provoquée par un glissement de terrain. 

 
 
La lame déversante et l'affouillement de la masse obstruant le cours d'eau provoquent la rupture brutale de la digue ainsi que la propagation d'une onde de crue destructrice, onde de crue d'autant plus importante que le volume de la retenue et la hauteur de la digue avant sa rupture étaient importants.

Une rupture d'embâcle peut se produire plusieurs jours après une période de pluies exceptionnelles ou l'apparition d'un mouvement de terrain. La digue naturelle peut résister sur une plus ou moins grande période.


 
Rupture d'embâcle dans la rivière des Vieux Habitants en Guadeloupe (dans la nuit qui a suivi le tremblement de terre du 8 février 1843), extrait du rapport de Ch. Deville au gouverneur de la Martinique :

<< (Lettre du premier magistrat de la commune de Vieux Habitants) :
« Dans la nuit du 8 au 9, vers les dix heures du soir, après les deux légères secousses, les habitants de la Grande-Rivière furent épouvantés par un bruit infernal. Il leur semblait que les montagnes s'écroulaient ; car leurs demeures étaient ébranlées. Ce bruit horrible cessait par moments et ce silence solennel augmentait encore leur frayeur. (...)

Ce n'est qu'au jour que l'on put s'assurer que tout ce tapage avait été occasionné par une avalanche de terre et de bois qui, ayant arrêté les eaux dans les hauteurs, avait cédé à leur amoncellement. La description que je pourrais faire des effets produits ne les dépeindrait pas. Il faut les voir par ses yeux. Imaginez-vous que plusieurs bâtiments de mille tonneaux ne chargeraient pas les bois répandus sur le rivage. Des arbres monstrueux  sont placés à plus de 15 pieds au-dessus du lit de la rivière. Des marécages de boue  de plus de 100 mètres de large et de 8 à 10 pieds de profondeur entourent les abords de la rivière. Le passage est entièrement comblé, et ce n'est qu'à l'embouchure lavée par la mer qu'on peut se hasarder de passer à pied, lorsqu'elle est assez tranquille pour le permettre ; encore faut-il connaître le gué qui est fort étroit. »(...) 

Plus tard enfin, j'eus l'occasion d'explorer la vallée de la Grande-Rivière et d'examiner avec soin le dépôt qu'y a laissé la chute des terres. Je fus frappé de la masse considérable qui a dû se presser dans cet étroit vallon. Le courant en a partout rempli le fond, et s'est élevé à une hauteur qui a varié suivant sa largeur. Dans quelques points où le lit de la rivière se resserre en formant un coude, le torrent boueux, redoublant de vitesse, paraît avoir jailli à une grande élévation. Près du bassin du Mulet, et au-dessus d'une jolie cascade, j'ai observé le niveau qu'il atteint et les arbres qu'il a déracinés à une hauteur d'au moins 15 mètres au-dessus du lit de la rivière. ...>>


 
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