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Aléa cyclonique
Vents et pluies

 
Hugo - 1989 Bonnie - 1998

 
Les dégâts subis par une région seront directement liés à sa distance par rapport à la trajectoire du centre et à la force du cyclone. La zone la plus dangereuse se situe au voisinage de l'œil. 

Ce phénomène météorologique destructeur est caractérisé par :
bullet DES VENTS TRÈS FORTS ET DES PLUIES DILUVIENNES. Toutes les communes de la Martinique sont susceptibles d'être affectées par ces effets dévastateurs.

Le vent souffle très fort en s'enroulant autour de l'œil. Les rafales peuvent atteindre jusqu'à 350 km/h. L'énergie libérée est proportionnelle au carré de la vitesse du vent. Ainsi des vents de 240 km/h (ouragan de classe 4) disposeront d'une énergie et donc d'un potentiel de destruction, 14 fois supérieur à ceux générés par des vents de 64 km/h (tempête tropicale). Pour un vent de 240 km/h, la pression exercée est environ égale à 300 kg/m². Le vent soufflant en rafales exerce des effets de percussion et de vibration très destructeurs. Un autre danger vient du changement à 180° de la direction des vents après le passage de l'œil : de part et d'autre de l'œil, les vents soufflent dans des directions opposées.
Les précipitations sont très variables d'un cyclone tropical à l'autre. Mais les pluies sont souvent torrentielles et responsables d'inondations brutales et de mouvements de terrain. On admet généralement que 50% des pluies totales d'un cyclone sont dues aux énormes nuages à fort développement vertical entourant l'œil. Les langues spiralées de nuages qui s'enroulent autour de l'œil du cyclone génèrent également des pluies abondantes, parfois jusqu'à 1000 km du centre.

 
 
bullet L'aléa cyclonique lié aux effets du vent concerne l'ensemble des communes martiniquaises. Les configurations locales modifieront peu le niveau de cet aléa régional. La cartographie à grande échelle  (échelle communale) n'est dans ce cas pas justifiée.
bullet Les effets liés aux pluies diluviennes se traduisent par des inondations et des mouvements de terrain. On se référera donc aux cartographies de ces deux autres types d'aléa.

 
 
Extrait de l'Histoire des Paroisses, à propos des effets dévastateurs du vent lors du cyclone qui a affecté la Martinique le 18 août 1898 :

« Notre bourg du François qui comptait 540 maisons, en compte près de 300 détruites de fond en comble et le reste n'offre plus que des édifices moitié ruines. Le presbytère qui venait d'être entièrement restauré demeure debout mais tout désemparé, tous les bâtiments secondaires gisent sur le sol. L'aspect de notre église qui formait un beau vaisseau de 52 mètres de long sur 26 de large, fait mal à voir ; le clocher est tombé emportant avec lui une partie de la façade ; les nefs et les transepts sont tellement inclinés, affaissés, lézardés qu'ils n'attendent qu'une prompte démolition.[...]. Le bourg du Vauclin n'existe plus ; à peine au milieu d'un pêle-mêle confus de décombres voit-on surgir trois ou quatre maisons  à peu près debout. Les bourgs de Ducos, de Saint-Joseph, du Morne-Rouge partagent le même sort. Ceux du Robert, du Gros-Morne, du Lamentin sont à moitié anéantis... Un pays entier, après une épouvantable nuit passée entre la vie et la mort, se trouve au lever du jour sans demeure et sans toit.
[...]
La Martinique ressemble à un vaste cimetière où les morts se promènent avec des figures livides et des bouches affamées. »


 
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