| A la fin du XIXème siècle,
Saint-Pierre, principale ville de la Martinique abritait une population
de près de 26 000 habitants. Après l'éruption
du matin du jeudi 8 mai 1902, la ville était totalement détruite,
avec seulement deux survivants. De la baie de Saint-Pierre, le capitaine
Freeman, commandant du Roddam qui venait juste d'arriver dans la rade (seul
navire ayant échappé au désastre, mais non sans de
graves dommages), témoigne :
<<Tout à coup retentit une violente détonation
qui ébranla la terre et la mer. Ce fut une formidable explosion
de la montagne, qui parut s'entrouvrir du sommet à la base pour
donner passage à une flamme éclatante qui s'éleva
dans l'air, et à une poussée formidable de nuages noirs.
Ceux-ci se précipitèrent en dévalant le long des pentes
de la montagne, descendant comme une trombe, franchissant tous les obstacles,
puis, au moment d'atteindre les parties basses, ils formèrent un
éventail et s'élancèrent sur la malheureuse ville
qu'ils plongèrent dans les ténèbres, ils bondirent
sur les navires de la rade. A part cet éclair du premier moment,
il n'y eut pas de feu : ce fut simplement un nuage chargé de cendres
et de ponces portées à une très haute température
qui, en une minute et demie, franchit la distance qui sépare le
volcan de la ville, détruisant et brûlant tout sur son passage.
A son arrivée à la mer, sa masse souleva les flots, les petits
navires furent culbutés, le Roraima couché sur le côté,
le Roddam à demi submergé, le Grappler coulé (...).
(...)
Devant mes yeux, tout le long de la côte, ce
n'était que flamme, l'enfer de Dante cent fois exagéré(...)>> |