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LA DYNAMIQUE DES EAUX SOUTERRAINES - ECOULEMENT DES NAPPES
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À l'intérieur des nappes se déroulent de grands phénomènes naturels de fluctuations et d'écoulement.

L'eau d'infiltration issue des pluies efficaces, au sommet de la nappe remplit les pores et relève le niveau de la nappe sur une hauteur de moins d'un mètre à quelques dizaines de mètres en une saison, selon les roches et l'importance de la recharge. Entre ces points hauts et les points bas que constituent le lit des rivières ou les lignes de sources, la pesanteur conduit l'eau à s'écouler : c'est l'effet moteur principal de l'écoulement des nappes.

Schéma représentatif de l'écoulement des nappes selon la nature des terrains

La résistance à l'écoulement que produit le frottement dans les pores de la roche ralentit le phénomène qui est plus ou moins lent selon le type de roche (de quelques semaines à plusieurs années).

Dans un karst, très perméable, le temps de transit moyen de la surface du sol à la rivière dure de quelques semaines à quelques mois. Dans un sable fin argileux, dans la craie, elle prend des années.

L'écoulement aux limites soutire de l'eau au réservoir et abaisse la surface. Là est l'origine de la fluctuation du niveau des nappes, et le niveau remontera aux prochaines pluies efficaces. L'amplitude de la fluctuation est maximale, loin des limites de sortie. En revanche, à proximité des rivières ou des sources, le niveau varie peu, c'est alors le débit qui fluctue.

Beaucoup de nappes ont un régime pluriannuel qui se superpose au régime annuel décrit ci-dessus. Une série d'années excédentaires en pluies provoque une modulation lente : chaque année les hautes eaux seront un peu plus hautes que l'année précédente. Inversement, plusieurs années déficitaires en pluies provoqueront une baisse lente, sans gravité sous climat tempéré. Ces nappes supportent bien les déficits temporaires d'alimentation, car elles ont un stock. Toutefois, leur écoulement aux limites se ralentit progressivement et de même leur apport aux cours d'eau dont les débits d'étiage baissent.

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Les relations entre nappes


Un ensemble de nappes qui communiquent entre elles
forme un « système aquifère ». La combinaison de plusieurs nappes contenues dans des terrains divers, va jouer un rôle modérateur et régulateur des écoulements.

Horizontalement, le drainage successif de plusieurs nappes par un ou plusieurs cours d'eau d'un même grand bassin constitue aussi un effet compensateur entre nappes rapides et nappes lentes, nappes à faible et forte inertie.

En revanche, une nappe fragile, rapide telle une nappe alluviale, reposant sur un socle peu aquifère est un milieu fragile, disposant d'un faible stock, donc vulnérable en cas de déficit pluviométrique.

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L'écoulement des nappes vers les cours d'eau


En période de fortes pluies
, les nappes et le ruissellement sont alimenté. Ils peuvent conduire à des crues, ou simplement des hautes eaux. C'est le sol d'abord sec, puis humidifé et éventuellement gorgé d'eau, en fonction de sa perméabilité, qui rythme le partage entre ruissellement et infiltration. La recharge est donc favorisée par des pluies moyennes régulières et entretenues.


Schéma illustrant une crue de nappe
(consulter également les enjeux des Géosciences N°11 "Crues et inondations : les comprendre pour mieux les prévenir")

Lorsque le ruissellement cesse progressivement, en été notamment, les fleuves ne s'assèchent pas. Ils reçoivent l'eau issue des nappes, phénomène lent par définition. Les cours supérieurs des rivières peuvent en revanche s'assécher si la surface libre de la nappe descend en dessous de l'altitude de la rivière. En France, sur 170 milliards de mètres cubes de pluie efficace, 100 milliards en année moyenne transitent par les nappes qui sont de grands régulateurs du cycle de l'eau. 70 milliards passent directement par ruissellement du sol aux rivières.

Il peut donc y avoir une canicule sévère sans qu'il y ait nécessairement pénurie d'eau dans les rivières et les barrages. Une fois la recharge interrompue (fin de printemps en général), et indépendamment des exploitations par pompage, il n'y a généralement plus d'échange entre sol et nappe. Ce qui fait qu'un été maussade ou une période caniculaire sont indifférents pour les nappes de moyenne et forte capacités.

On peut même supposer qu'un changement climatique qui verrait des étés plus secs et des hivers plus plusvieux soit bénéfique pour les nappes et par voix de conséquence profitable pour les cours d'eau en étiage.

 


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