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Carte géologique de la France à l'échelle 1/1 000 000. © BRGM

La géologie du Tour de France 2012

30.06.2012
Le BRGM renouvelle son partenariat avec le Tour de France cycliste. 21 films seront diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour".

Logo Tour de FranceChaque jour, France Télévisions diffusera, peu après la prise d'antenne en direct de l'épreuve, une courte séquence relative à un point particulier de la géologie du parcours.

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la mission du BRGM relative à la diffusion des connaissances dans le domaine des sciences de la Terre.

Parcours Tour de France 2012

Site officiel du Tour de France

Géologie du Tour de France 2012

  • Prologue : Liège > Liège. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 1ère étape : Liège > Seraing. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 2ème étape : Visé > Tournai. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 3ème étape : Orchies > Boulogne-sur-Mer. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 4ème étape : Abbeville > Rouen. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 5ème étape : Rouen > Saint-Quentin. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 6ème étape : Epernay > Metz. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 7ème étape : Tomblaine > La Planche des Belles Filles. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 8ème étape : Belfort > Porrentruy. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 9ème étape : Arc-et-Senans > Besançon. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 10ème étape : Mâcon > Bellegarde-sur-Valserine. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 11ème étape : Albertville > La Toussuire - Les Sybelles. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 12ème étape : Saint-Jean-de-Maurienne > Annonay Davézieux. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 13ème étape : Saint-Paul-Trois-Châteaux > Le Cap d’Agde. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 14ème étape : Limoux > Foix. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 15ème étape : Samatan > Pau. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 16ème étape : Pau > Bagnères-de-Luchon. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 17ème étape : Bagnères-de-Luchon > Peyragudes. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 18ème étape : Blagnac > Brive-la-Gaillarde. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 19ème étape : Bonneval > Chartres. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

  • 20ème étape : Rambouillet > Paris Champs-Élysées. Le BRGM renouvelle en 2012 son partenariat avec le Tour de France cycliste : 21 films diffusés pendant les directs des différentes étapes pour faire découvrir à tous "La géologie du Tour". © BRGM

Découvrir les commentaires géologiques des différentes étapes du Tour de France 2012

30 juin - Prologue : Liège > Liège

Sur le Zinc

Le prologue du Tour 2012 promène les coureurs dans les rues de Liège, dont peu de gens savent qu’il s’agit du berceau de la métallurgie moderne du zinc. C’est en effet à quelques centaines de mètres du parcours, à Angleur, dans la banlieue liégeoise, que fut mis au point en 1809 un procédé de production de ce métal à partir du minerai tiré de la mine de Moresnet, à une trentaine de kilomètres plus à l’Est. Pour prouver la qualité de son invention, l’ingénieur Dony fit don à Napoléon Premier d’une baignoire de voyage en zinc qui suivra l’Empereur sur les champs de bataille.

Réputé pour être le plus riche d’Europe, ce gisement a donné naissance à une industrie florissante, la société des mines et fonderies de zinc de la Vieille Montagne.

En 1925, la compagnie liégeoise produisait près de 10% du tonnage mondial de zinc.

Et si aujourd’hui, les mines belges sont fermées, le zinc de Liège recouvre toujours une bonne partie des toits de Paris.

1er juillet - 1ère étape : Liège > Seraing

La pierre bleue

C’est au kilomètre 66 de cette première étape que les coureurs vont croiser la célèbre pierre bleue de Belgique.

Une roche de la famille de l’ardoise  exploitée depuis des siècles pour sa dureté et sa couleur profonde dans les carrières de Recht et de Vielsalm.

Longtemps travaillée par des tailleurs de pierre venus du Tyrol, la pierre bleue a servi pour la construction de maisons, de monuments, d’abreuvoirs, d’éviers, et bien sûr, de bacs à choucroute. 

Mais la pierre bleue raconte surtout une histoire très ancienne : elle s’est formée il y a 400 millions d’années, lors de l’enfouissement de couches de boues argileuses déposées au fond des mers, une boue  compressée, comprimée par les kilomètres de roches empilées au-dessus, et chauffées par la chaleur venue des profondeurs de la terre.  L’érosion a ensuite raboté les couches superficielles, tandis que les forces tectoniques les ramenaient près de la surface. Juste sous les roues des coureurs.

2 juillet - 2ème étape : Visé > Tournai

Le petit granite belge

Les coureurs vont entrer dans le territoire du petit granite belge. C’est le nom donné ici à une pierre bleue réputée pour ses qualités, et exploitée notamment dans la carrière de Soignies, au kilomètre 186, tout près de la ligne d’arrivée à Tournai.

Ce petit granite est un calcaire noir datant de 350 millions d’années, qui s’est déposé dans une mer chaude comme en témoignent quelques fossiles de coraux et d’animaux marins. Cette vase molle qui s’est accumulée sur des dizaines de mètres d’épaisseur a été ensuite recouverte par d’autres types de débris venus du continent puis compressée lors de collisions entre les plaques continentales au moment de la formation du massif ardennais, se transformant ainsi en une roche dure, au grain fin, qui se taille et se polie pour différents usages.

Exploité depuis plus de 300 ans, le petit granite belge, cette belle pierre bleue du Hainaut, s’exporte dans le monde entier. Elle recouvre le sol de quelques belles places à Seraing, Chartres, Lille, Lyon ou Valenciennes.

3 juillet - 3ème étape : Orchies > Boulogne

Le charbon

Dès ses premiers tours de roue au départ d’Orchies, le peloton roule sur les terres charbonnières du Nord Pas de Calais.

Flines-les-Raches, que les coureurs ont traversé après seulement 8 km de course, était même le siège d’une compagnie minière établie en 1897 et qui employa jusqu’à près de 900 ouvriers.

Ce charbon qui fit la gloire et la prospérité de la région nous vient de très loin dans le temps.

Il s’est formé y a environ 300 millions d’années environ, lorsque de vastes zones de lagunes recouvraient la région. Dans le climat chaud et humide de l’époque, des fougères géantes hautes de 30 mètres croisent, meurent et s’effondrent dans les lacs, avant d’être recouverts par des alluvions, sur lesquelles de nouvelles plantes se développent. Une fois enfouie, la matière végétale va se transformer lentement et donner naissance au charbon.

Alors que les coureurs vont au charbon pour tenter de gagner à Boulogne, arrivée de l’étape, une petite pensée pour César Marcellak, mineur de fond, qui vécut tout près d’ici et qui devint champion de France cycliste en 1948.

4 juillet - 4ème étape : Abbeville > Rouen

Les galets

Les coureurs ont quitté Abbeville et laissé derrière eux la Baie de Somme, célèbre pour sa faune, sa flore, mais aussi ses galets.

Prisonniers  des falaises de craies dans lesquels ils forment de minces lits noirs au milieu de la masse blanche, ils se sont formés il y a un peu moins d’une centaine de millions d’années, par l’accumulation dans le fond de la mer des squelettes siliceux de minuscules organismes marins. Arrachés de leur gangue par l’érosion et roulés par le ressac pendant des années, ces rognons de silex se sont transformés en galets, jusqu’à devenir pour certains parfaitement ronds.

Composés de silice, leur pureté exceptionnelle en fait des produits recherchés dans le monde entier. Unique en  Europe, le gisement de la baie de Somme produit 220 000 tonnes de silice chaque année.

5 juillet - 5ème étape : Rouen > Saint-Quentin

La boutonnière de Bray

Après 60 kilomètres de course, le peloton va descendre dans le temps. Peu avant Gournay, en effet, les coureurs vont atteindre ce que les géologues appellent "la boutonnière de Bray". Pour les rouleurs, une simple déclivité à avaler dans un sens, une côte légère pour en sortir 20 km plus loin. Et un petit détour de près de 70 millions d’années. Car la boutonnière de Bray est une fenêtre ouverte sur des roches plus anciennes dans cette partie du bassin de Paris. Une sorte de déchirure laissant apparaître des couches plus profondes.

Elle s’est formée il y a une douzaine de millions d’années, lors du plissement et du soulèvement de la région sous l’effet de la fin de la poussée alpine. Puis l’érosion a arasé ce modeste relief, ouvrant la boutonnière que les coureurs traversent en une petite demi-heure. Trente minutes pour parcourir 70 millions d’années, un record.

6 juillet - 6ème étape : Epernay > Metz

La cave aux coquillages

Epernay, ville départ de l’étape du jour, est aussi la ville du champagne, le vin de toutes les victoires. Sous les roues du peloton dorment quelques millions de bouteilles, à l’abri dans un sous-sol calcaire riche en fossiles.

A quelques encablures de la ligne de départ, Fleury-la-rivière offre la plus extraordinaire association entre les deux spécialités, au sein de la cave aux coquillages. En creusant les galeries pour abriter ses récoltes, un viticulteur a mis au jour une formidable collection de coquilles anciennes, dont plusieurs spécimens d’une sorte d’escargot géant de près de 50 centimètres de long, le Campanile giganteum. Ces restes d’animaux marins accumulés sur une dizaine de mètres d’épaisseur se sont déposés il y a 45 millions d’années, lorsque la Champagne était occupée par la mer.

7 juillet - 7ème étape : Tomblaine > La Planche

Les mines du Thillot

L’étape du jour emmène les coureurs au travers des reliefs vosgiens et de leurs trésors méconnus. Comme le cuivre, qui fut exploité dès 1560 dans les mines du Thillot, un village que le peloton va traverser au kilomètre 135.

L’exploitation du minerai a duré plus de deux siècles, laissant des traces et des installations encore visibles aujourd’hui. La visite de ce patrimoine minier permet de se faire une idée des conditions de travail difficiles de l’époque, lorsque le mineur devait creuser le granite à la seule force de son pic, avançant d’environ 30 centimètres par jour.  C’est d’ailleurs au Thillot que fut utilisée pour la première fois en Europe une technique révolutionnaire d’extraction du minerai : l’explosif, avec la poudre noire venue tout droit de Chine.

Les riches filons de cuivre qui datent d’environ 350 millions d’années, firent la prospérité des ducs de Lorraine avant d’être abandonnés en 1761 après deux siècles d’exploitation.

8 juillet - 8ème étape : Belfort > Porrentruy

Sur la piste des dinosaures

Les coureurs qui vont franchir ce soir la ligne d’arrivée à Porrentruy vont retrouver la trace des géants qui les ont précédés il y a 150 millions d’années.

C’est là en effet qu’ont été découvertes il y a 10 ans plusieurs centaines des traces de pas de dinosaures. Les plus grosses font 80 centimètres de diamètre et signent le passage de gros animaux, des diplodocus de 15 à 20 mètres de long et pesant plusieurs tonnes.

Les chercheurs ont pu identifier 17 pistes d’animaux qui passèrent sur ce qui était à l’époque une plage en bordure d’un lagon, laissant dans le sable mou la trace de leurs pattes. Plusieurs tracés parallèles semblent indiquer un déplacement en troupeaux, de petites empreintes indiquant parfois la présence de jeunes aux côtés d’adultes.

9 juillet - 9ème étape : Arc et Senans > Besançon

Le sel de la terre

Arc-et-Senans, que les coureurs viennent de quitter pour gagner Besançon, fut la capitale de l’or blanc de la Franche-Comté : le sel. Entre 1779 et 1895, la saline exploita le sel extrait du sous-sol, notamment à Salines les bains. A partir de puits creusés dans le sol, on pompait les sources d’eau salée que l’on remontait ensuite à l’aide de machines hydrauliques. La saumure était ensuite chauffée afin d’évaporer l’eau et de recueillir le sel.

Le sel présent en épaisses couches dans le sous-sol de la région s’est déposé il y a 150 millions d’années, avant la formation des reliefs des Alpes et du Jura. Le paysage n’était qu’une vaste lagune chaude et peu profonde, régulièrement asséchée puis de nouveau envahie par les eaux, à la manière d’un marais salant naturel, accumulant sur le fond les cristaux de sel.

11 juillet - 10ème étape : Mâcon > Bellegarde

La roche de Solutré

A la sortie de Mâcon, les coureurs ont pu admirer sur leur droite la sentinelle vigilante de Solutré. L’éperon rocheux, rendu célèbre par une ascension présidentielle rituelle, est surtout connu des scientifiques en tant que site archéologique d’intérêt mondial.

Il y a 35 000 ans, des hommes se sont installés au pied de la roche pour chasser le cheval et le renne. Pendant près de 20 000 ans, ils sont revenus à cet endroit, dépeçant le gibier et taillant le silex. Ils ont laissé derrière eux une énorme quantité de débris d’os d’animaux et de silex, un véritable trésor pour les chercheurs accumulé durant les 20 millénaires de fréquentation du site.

Le site découvert en 1866 a servi de référence internationale pour définir cette période de notre préhistoire, désormais baptisée solutréen.

Un musée implanté au pied de la falaise présente de nombreux objets découverts lors des fouilles et permet d’admirer la parfaite maitrise dans l’art de la taille du silex de ces hommes du solutréen.

12 juillet - 11ème étape : Albertville > La Toussuire

Le tunnel Lyon-Turin

Les coureurs ont quitté Albertville par la vallée de l’Isère, longeant ce qui sera bientôt le tracé de l’un des plus longs tunnels alpins. Dans quelques années, le rail reliera Lyon et Turin en passant sous les sommets des Alpes, une traversée de 45 kilomètres sous parfois plus de 2500 mètres de roche.

En s’enfonçant sous terre, le futur TGV traversera toute la gamme des roches composant le massif des Alpes : calcaires, schistes, granites, et même du charbon. Des matériaux parfois durs comme l’acier, parfois tendres comme de la gomme, dans lesquels circulent des eaux prêtent à inonder les chantiers.

Le percement ne sera pas de tout repos pour les ouvriers du tunnel, confrontés à la géologie compliquée des Alpes.  

13 juillet - 12ème étape : St Jean de Maurienne > Annonay

Le Mont Granier, plus haute falaise d’Europe

C’est à 80 kilomètres du départ que les coureurs vont rencontrer le Mont Granier, immense mur calcaire de 900 mètres de haut culminant à 1933 mètres d’altitude. Des chiffres qui en font la plus haute falaise d’Europe. Un record bien paradoxal pour ce qui fut un paisible fond marin, il y a de cela plus de 60 millions d’années, avant que le choc de la plaque africaine sur la bordure sud de la plaque européenne ne donne naissance aux Alpes et ne porte aux nues les anciens abysses.

La falaise qui contemple les coureurs à leur passage au col du Granier a une origine tragique. Elle s’est formée le 25 novembre 1248 lors d’un gigantesque effondrement d’un pan entier de la montagne, faisant plus de 5000 victimes.

14 juillet - 13ème étape : St Paul trois châteaux > Agde

Le volcan

Ce soir, les coureurs franchiront la ligne d’arrivée au cap d’Agde, paisible station balnéaire célèbre pour ses plages et ses naturistes. Ils pourront y goûter un repos bien mérité avant de reprendre la route. Mais l’endroit ne fut pas toujours propice au farniente et à la détente. Il y a un million d’années, c’est-à-dire hier pour un géologue, le tranquille mont Saint Loup  qui culmine aujourd’hui à 112 mètres d’altitude et au pied duquel est bâtie la ville, émergeait du fond de la Méditerranée à grands coups d’explosion. Ce volcan nouveau-né allait cracher lave et feu pendant 250 000 ans, avant de s’endormir paisiblement et d’être dévoré par l’érosion.

15 juillet - 14ème étape : Limoux > Foix

Les lherzolites de Lers

C’est aux deux-tiers du parcours de cette 14ème étape que le peloton va croiser l’étang de Lers, magnifique plan d’eau pyrénéen. Mais ils n’auront guère le loisir d’admirer les étranges roches vertes de l’endroit, des roches qui ont d’ailleurs été baptisées du nom de l’étang, les lherzolites.

Ces roches sont des lambeaux venus des profondeurs de la terre, arrachés de la couche que l’on appelle le manteau terrestre, à plus de 50 kilomètres sous la surface, lors de la collision entre le bloc continental espagnol et la plaque européenne. Une collision qui va donner naissance à la chaine des Pyrénées et à ses paysages magnifiques.

16 juillet - 15ème étape : Samatan > Pau

Vin et terroir

Les coureurs qui ont quitté Samatan vont traverser les vignobles de Gascogne, célèbres pour ses crûs fameux. Des vins qui doivent beaucoup à la géologie. La vigne pousse en effet sur les débris des Pyrénées amassés au pied de la chaine sous l’effet de l’érosion. Un processus ininterrompu depuis des millions d’années. Sables, galets et argiles arrachés à la montagne s’amassent au pied des reliefs, avant d’être emportés et transportés par les crues torrentielles, puis redéposés plus bas, formant des terrasses correspondant aux différents niveaux des eaux.

L’une des meilleures illustrations de ce terroir si particulier se trouve  non loin du kilomètre 101 de l’étape, au nord de Maubourguet, au château Montus. Sur les contreforts sud particulièrement bien exposés, ses vignes plongent leurs racines dans un mélange d’argile et de galets rougeâtres, déposé il y a 2 millions et demi d’années.

18 juillet - 16ème étape : Pau > Bagnères

Eaux chaudes

Les coureurs qui filent vers Bagnères de Luchon  pourront ce soir, au terme de la course, goûter aux délices d’un bain dans des eaux chaudes naturelles. Et ils ne seront pas les premiers. Les Romains venaient déjà se baigner il y a 2000 ans de cela dans les eaux des sources chaudes.

Ces eaux qui émergent à une température qui peut atteindre 50°C apportent en surface un peu de la chaleur des profondeurs de la terre. C’est d’ailleurs le principe de la géothermie, technique d’exploitation de ce gisement de calories inépuisable et non polluante.

L’eau présente à grande profondeur est pompée en surface à partir d’un forage, puis envoyé dans un échangeur pour y céder sa chaleur avant d’être réinjectée dans le sous-sol où elle se réchauffera à nouveau.

Ce procédé géothermique permet aujourd’hui de chauffer de nombreux immeubles d’habitations en région parisienne.

19 juillet - 17ème étape : Bagnères > Peyragudes

Le marbre de Saint Béat

Partis de Luchon, les coureurs vont traverser saint Béat après seulement 17 kilomètres de course. Un village célèbre pour ses marbres, aussi réputés que ceux de Carrare en Italie.

La roche extraite des flancs de la montagne est un calcaire présentant différentes nuances de couleur, du blanc le plus pur au gris bleuté. Elle s’est formée au fond d’une mer chaude entre 110 et 170 millions d’années, avant d’être profondément transformée lors de la formation des Pyrénées, il y a 50 millions d’années. La poussée de la plaque espagnole sur le bord sud de la plaque européenne a soulevé, plissé et compressé les terrains, donnant naissance au marbre de Saint Béat.

Exploité depuis l’Antiquité, ce marbre de grande qualité a servi à la confection de nombreux monuments.

20 juillet - 18ème étape : Blagnac > Brive

Argiles et briques

Le peloton a quitté Blagnac, banlieue de la célèbre ville rose, Toulouse. Une ville qui doit sa couleur à la géologie, puisque ce sont les briques de ses façades qui lui valent ce qualificatif. Et la brique, c’est tout simplement de l’argile cuite.

La région toulousaine est riche en gisements d’argile. Celui de Colomiers, dans la banlieue proche de Toulouse, s’est formé il y a 20 millions d’années. Cette roche meuble et malléable provient du dépôt de fines particules dans des fonds marins ou lacustres, lors de longues périodes de sédimentation.

Ce matériau possède une qualité particulière : meuble et façonnable à l’état naturel, il devient dur lorsqu’il est soumis à la chaleur. Dès la préhistoire, des hommes ont utilisé l’argile locale pour fabriquer des pots permettant de stocker l’eau, le grain, la farine. Les Romains en ont fait des briques et des tuiles pour la construction de leurs villas, usage qui s’est largement répandu ensuite.

Aujourd’hui, l’industrie de la terre cuite produit chaque année 5 millions de tonnes de briques et de tuiles.

21 juillet - 19ème étape : Bonneval > Chartres

La Nappe de Beauce

C’est un petit morceau de Beauce qui sert de cadre à ce dernier contre-la-montre. La Beauce, immense plaine fertile, grenier à blé de la France en surface, avec ses 600 000 hectares de culture qu’il faut arroser en période sèche, grâce à l’eau de son sous-sol. L’autre richesse de la Beauce, qui recèle la plus vaste nappe d’eau souterraine d’Europe.

Mais attention, il ne s’agit pas d’une sorte de vaste lac souterrain. L’eau présente dans le sous-sol profond est stockée dans les minuscules pores de la roche qui agit comme une éponge.

La nappe de Beauce, qui alimente de nombreux forages d’irrigation ou d’alimentation en eau potable, s’étend sur plus de 9000 kilomètres carrés et a une capacité de 20 milliards de mètres-cubes. Son niveau, surveillé par les spécialistes du BRGM grâce à des instruments électroniques implantés dans les forages, les piézomètres, permet de moduler l’intensité des prélèvements et de préserver ainsi la ressource.

22 juillet - 20ème étape : Rambouillet > Paris

La formation du Bassin de Paris

C’est la dernière étape du Tour 2012, la voie royale vers les Champs Elysées pour un peloton qui roule maintenant sur les couches les plus superficielles du Bassin Parisien.

Paris et son Arc de Triomphe, but ultime pour les rescapés de cette édition 2012, est en effet installé au centre d’une structure en pile d’assiettes. Les roches qui forment le soubassement du Bassin de Paris se sont déposées pendant 200 millions d’années, alors que la mer occupait la région. Le remplissage progressif de ce bassin par des sédiments provenant de l’érosion du massif central et les variations du niveau de la mer ont donné naissance à cette structure en piles d’assiettes, de plus en plus petites, de l’extérieur vers le centre. Calcaires, argiles et sables accumulés sur plus de 3000 mètres d’épaisseur forment ainsi le soubassement de la région.

BRGM - 3 avenue Claude-Guillemin - BP 36009 45060 Orléans Cedex 2 - France Tél. : +33 (0)2 38 64 34 34